Les inavouables 2 - The Dream Syndicate live at Raji's

vendredi 23 août 2013

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The Dream Syndicate live at Raji's

« Ladies & Gentlemen, the fabulous Dream Syndicate » c’est sur ces paroles que s’ouvre l’album live qui sonne le glas de ce groupe californien. Les années 80 ont été une période d’émergence et de créativité. Le Hip-Hop s’est imposé. La new-wave et toutes ses déclinaisons ont bourgeonné comme autant de petits papillons noirs. L’électro, la house, l’acid nous ont offert de grands sourires jaunes.


Et puis issu de la scène punk, le rock alternatif faisait, quant à lui, sa crise d’adolescence. Une maturation qui ne fut pas assumée par tous et qui engendra son lot de réactionnaires. Dont les Dream Syndicate ! Ceux-ci prônaient le retour aux sources du rock pré-woodstock. Une autre ère sur laquelle s'appuya Steve Wynn, et Kendra Smith pour former le rock garage des Dream Syndicate.
Mais l'album avec lequel je les découvre est le Live au Raji’s qui sort en 1989. A l'époque je me baigne surtout de l'emphase des The Mission, Sisters of Mercy, du Live After Death de Maiden ou encore de Nocturne de Siouxsie.  A l'écoute du live des Dream Syndicate, je suis marqué par la spontanéité et la simplicité du concert au point de l’écouter en boucle pendant quelques semaines.

En réalité le groupe est déjà moribond et disloqué. Il n’est plus qu’un faire-valoir pour la voix et la guitare de Steve Wynn. L'album regroupe les grands titres que le groupe a pu produire tout au long de la décennie (Merritville, Medecine show, Forest for the trees). Une interprétation cinglante, énergique et pleine de maîtrise. A cet instant, Steve Wynn cristallisa pour moi l’image d’un leader supporté par ses musiciens. D’un guitar hero libre d’interpréter ses chansons dans un champ d’action complètement ouvert. Il pose sa voix et démarre certains morceaux a capella.  Il gratte les accords, part en solo, use de sa guitare en larsen, à contretemps, en distorsion. Il est libre d’emmener le morceau là où il l’entend.

Des « fabulous Dream Syndicate », Steve crie « I’m the Dream Syndicate ». Il en fait de trop. Son chant de gloire résonne comme le glas.

Le groupe n’a plus de raison d’être ; il s'efface devant son chanteur. La Californie fonctionne au rock fm, au heavy métal et aux B.O. hollywoodiennes. Sonic Youth a dégainé son Teenage Riot. Le grunge prend déjà la place qui lui est due. Déplaçant ainsi l’attention vers Seattle. Sur ma cassette maxwell, un autre live sera bientôt enregistré et il se verra difficilement détrôné : le Weld de Neil Young.

La carrière solo de Steve Wynn, elle, se fera en demi-teinte véhiculant une image de rockeur crooner désœuvré. La récente tournée anniversaire des Dream Syndicate finira d’enfoncer le clou. Traverser les époques n’est pas donné à tout le monde.  

Franck

Les inavouables 1 - Yngwie, le suédois volant...

mercredi 24 juillet 2013

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Difficile aujourd'hui d'avouer qu'on a été un jour fan d'Yngwie Malmsteen... Yngweee what ? Vous ne connaissez pas l'historique de ce guitariste suédois mégalomane à l’extrême mais oh combien novateur pour l'époque ?
Petit rappel... Lars Johan Yngve Lannerbäck naît en 1963 en Suède et à 21 ans, il sort une bombe pour l'époque : le Yngwie J. Malmsteen's Rising Force ! Sous ce nom d'album pompeux et quasi imprononçable se cache un bijoux pour tout gratteux qui se respecte. Plus fort que Blackmore sur ses propres terres, plus rapide que Becker et Friedman réunis, plus classique que Vinnie Moore, Yngwie le Viking invente la fusion entre la musique baroque et le hard rock (Bon, 10 ans plus tard que Blackmore mais bon...).
C'est un séisme dans le monde de la six-cordes tellement le jeu du bonhomme est fluide, rapide et rempli de feeling. On n'a plus connu ça depuis Van Halen en 78 !

Personnellement, je le découvre l'année suivante avec le "Marching Out", son 2° album. Celui-ci est brut de décoffrage, mal mixé, des sons rêches et des compos inachevées mais le talent est là, indéniable. On s'attend à une carrière en or seulement voilà, le gars a un sale caractère, est parano et est plus que penché sur la dive bouteille (penchant qui lui vaudra d'ailleurs plusieurs accidents en voiture). Dès sont troisième album, il vire au Hard FM, très en vogue à l'époque, et on constate que, si il est brillant guitariste, il est nettement moins bon comme compositeur. Du encore très bon Trilogy au moyen "Odyssey", on sent que le virtuose venu du froid est déjà en panne d'inspiration et va commencer à se parodier lui-même. Il va devenir une sorte de caricature du guitar-hero avec ses moulinets sur scènes, ses coups de pieds en l'air, ses bracelets en or massif et ses Ferrari pleins ses garages...
10 ans plus tard, en 1993, il est cramé, arrive bourré sur scène la plupart du temps, ses musiciens le fuient (12 chanteurs en 16 ans quand même) et ne parvient plus à étonner qui que ce soit... Le sommet de cette déchéance vient en 1998 où il compose le "Concerto Suite For Electric Guitar & Orchestra In Eb Minor, Opus I - Millenium" (rien que ça) avec l'Orchestre Philharmonique de Prague. L'ensemble se révèle démesuré et désespéré...

Mais je reste fan (inavouable) du bonhomme, enfin de ses premiers albums même si cela reste difficilement écoutable aujourd'hui. Je me rappelle l'avoir vu au Vooruit à Gand pour la tournée Eclipse, il était en grande forme (j'ai même reçu un onglet !) mais déjà il en faisait trop sur scène étouffant quasi toute le reste du groupe pourtant brillant.

Dieu vivant au Japon et idole des pays de l'Est (il a été l'un des tout premier à se produire là-bas) , le Maestro ne se produit plus aujourd'hui que pour un dernier carré de fans, ayant définitivement vidé son sac de gammes inspirées (en mineur harmonique) depuis déjà longtemps...

N°5 : Robert Johnson by Erik

jeudi 2 août 2012

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5° meilleur guitariste de tous les temps par Rolling Stones, meilleur chanteur de blues de tous les temps ou même « le musicien le plus important du XX° siècle” comme on peut le lire dans Wikipédia, les superlatifs sont nombreux pour décrire l’homme…

Pourtant, en l’écoutant aujourd’hui on peut légitiment se demander pourquoi. On parle d’émotion brute, de voix haut-perchée intense, de jeu innovateur pour l’époque (difficile de dire le contraire, c’était en  en 1930), etc… C’est vrai que les enregistrements ne plaident pas en sa faveur (qualité médiocre) mais ne faut-il pas voir dans la reconnaissance du bonhomme une volonté de le reconnaitre comme le fondateur du blues “moderne” afin de structurer l’histoire du blues et de donner ainsi une légitimité à tous ses successeurs ?

135 albums recensés mais 29 enregistrements de son vivant, 11 bouquins en français mais parlant essentiellement de sa rencontre avec le Diable, des hypothèses de sa mort, de la recherche de ses enregistrements perdus (ainsi que de leur vitesse), on ne parle que finalement que très peu de sa musique. Alors, Robert Johnson un mythe créé de toute pièce par Columbia, heureux possesseur des droits du bonhomme ? Il est très tendance aujourd’hui de citer Johnson comme influence, ce que font énormément de guitaristes mais à l’écoute et à moins de le resituer dans le contexte, le 5 ° meilleur guitariste de tous les temps ne me parle pas et reste, comme Clapton, largement surestimé à mes yeux.

N°4 : Eric Clapton by Erik

lundi 30 juillet 2012

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Et voilà le premier britannique du Top 100, Monsieur Eric Clapton en personne… Personnellement, il a toujours été une énigme pour moi. Il m’a toujours paru faire partie d’une autre époque, il était partout et en même temps nulle part… Quand j’ai pris la décision un jour de louer 2, 3 de ses disques, je me suis solidement ennuyé, je pensais découvrir une brique manquante et je n’ai rien trouvé. Aujourd’hui, mon regard sur Clapton a changé mais il reste une énigme profonde à mes yeux. Comment ce gars a-t-il su devenir cette icône de la guitare et être surnommé “God” ?

Pour comprendre le succès du gaillard, il faut se remettre dans l’époque, fin des années 50. La musique bouge et, en Angleterre, c’est la déferlante Fab Four. A l’opposé de ce raz de marée plutôt poppy, le petit Clapton s’est pris de passion pour le Blues a contrario de tout son entourage. Gamin solitaire et taciturne, en quête d’identité, il prend parti pour une musique un peu ghetto tout en se disant qu’il aurait voulu être un musicien noir. Le voilà en train de dénicher des disques rares et de recopier patiemment les phrasés de ses idoles : Buddy Guy, Howlin’ Wolf, Muddy Waters, Chuck Berry, B.B. King ou encore Robert Johnson. Il fréquente ses premiers groupes et d’aucun témoignent aujourd’hui que le jeune Clapton est tout sauf un génie mais il est tenace… En 63, il est engagé au sein des Yardbirds et commence à tourner partout en Angleterre et joue déjà un jour sur deux. Il est déjà élégant et cultive un look atypique ce qui le fait remarquer de beaucoup (comme soigner une brosse alors que toute une génération a les cheveux longs – et oui, l’heure n’est pas encore aux costumes Versace Clignement d'œil).

Dès les premiers enregistrements, il commence à se distinguer en ajoutant du sustain à son son et, comme les bons gratteux sont rares à cette époque à Londres, on commence à parler de lui… A cette époque, il est celui qui fait découvrir le Blues aux londoniens via le Rhythm'n'blues vaguement pop des Yardbirds (Comme à Brian May par exemple !). Exit les Yardbirds pour cause de virage trop commercial, Clapton sera remplacé par Jeff Beck puis celui-ci par Jimmy Page ! Passage ensuite par les Bluesbreakers de Mayall (c’est l’époque pendant laquelle il joue presque 12 heures par jour) avant son avènement au sein du power-trio Cream. Il est reconnu par tout ses contemporains comme “ze guitar hero” du moment car son vibrato main gauche (emprunté à ses idoles mais considérablement amplifié), sa maitrise du feedback (avant que Beck et puis Hendrix ne pousse cette technique dans ses derniers retranchements) et le sustain (il a opté pour une Les Paul et joue avec un Marshall qu’il sature pour grossir le son et tout cela bien avant Jimmy Page et Hendrix) amènent un son nouveau sur la scène londonienne. Il devient alors “God” pour ses fans et sans doute le premier “guitar hero” de l’histoire du Rock. “Sunshine of your love” déboule en 67 avec son riff de basse, son chant en duo et surtout le solo historique de Clapton, même Hendrix reprendra le morceau ! Malgré un succès retentissant (“Wheels of Fire” sera sacré premier double album de platine en en 68 !), Clapton se lasse et rêve d’autres choses… Led Zeppelin reprendra le Heavy Blues de Cream et passera à la postérité. Sa première époque de gloire est déjà derrière lui, même si après son cv est assez incroyable : il refuse de remplacer Brian Jones au sein des Stones, fonde Blind Faith avec Winwood et le dissout 4 mois plus tard et joue dans le Plastic Ono Band avec Lennon. En 70, il entreprend sa carrière solo avec une foule de guest star et surtout la grande nouveauté c’est que Slowhand a opté pour Fender Stratocaster au lieu de Gibson ainsi que pour les amplis ce qui change complètement son son (plus claquant et mois chaud). Sa musique évolue aussi, au vu de son succès aux USA, Clapton se tourne désormais vers un mélange de Soul, de Funk, de Rock, de Folk et bien sur, de Blues. On est en 1970, le guitariste anglais est déjà cramé par l’alcool et la coke et refuse tout plan le mettant en avant. L’épisode Derek &The Dominos est une heureuse parenthèse avec le très abouti “Layla and Other Assorted Love Songsmais après ça c’est le désert (même malgré les hits reggae comme “I shot the Sheriff”), Slowhand se perd dans le marché pop américain (Excepté peut-être l’album éponyme qui contient “Cocaïne” et “Wonderful Tonight”). Il faudra attendre 1992 pour sa résurrection avec le fameux “Unplugged” (3 Grammy Awards et 15 millions de copies!) et en 1994 avec le retour au Blues avec “From the Craddle”.

Clapton a sans doute été surestimé tout au long de sa carrière mais il faut lui reconnaitre une longévité exceptionnelle, des collaborations qui le sont tout autant, une influence durable sur des générations de gratteux et un paquet de bons morceaux qui sont de véritables hymnes du Rock aujourd'hui. A cette image, le trouver à la 4° place de ce classement est peut-être exagéré mais le gaillard fait partie intégrante de l’histoire.

N°3 : B.B. King by Erik

samedi 28 juillet 2012

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Numéro 3 du classement des 100 meilleurs guitaristes qui ont marqué l’histoire du rock (et oui, pas de guitaristes de jazz ici…), on retrouve l’inusable BB King, véritable dinosaure des temps modernes. BB voulant dire “Blues Boy”, le natif du Mississippi est l’un des guitaristes les plus connus et un des plus influents dans la catégorie blues. Pas question de power chords ici, c’est du velours en pentatonique blues, un touché remarquable avec un son bien roots (merci Lucille Gibson Clignement d'œil).

Avec plus de 15 titres dans les charts dans les années 50 et 60, le King BB est davantage connu ses dernières années pour sa collaboration avec U2 (“When Love Comes To Town”) et avec Eric Clapton (un album entier : “Riding With the King”). Mais, à l’instar de Mr Clapton, Riley (et oui, c’est son prénom) lui a vécu dans les champs de coton dans le Mississippi en écoutant du Gospel et les chants traditionnels du Delta. Et c’est pour cela qu’il est aujourd’hui considéré comme l’un des piliers du Blues, parce qu’il a fait le pont entre les guitariste traditionnels blues (Comme Robert Johnson par exemple) et le Blues moderne électrique (initié, il est vrai, par T-Bone Walker entre autres…). C’est cette richesse dans l’émotion du blues traditionnel que l’on va retrouver dans son blues électrique avant que les petits blancs ne s’empare de l’héritage pour le plomber d’électricité et de sueur et en faire émerger le rock’n’roll.

Son style ? C’est essentiellement l’usage de la gamme pentatonique majeure. BB King est un maitre en la matière, il sait faire simple, efficace, se repose sur des notes essentielles faisant beaucoup d’efforts pour les faire sonner aux bons moment et leur laisser le temps qu’il faut (Quel guitariste laisse encore autant de soupirs pour faire respirer ses solos ?). Son vibrato main gauche est une véritable école et Clapton et d’autres s’en sont considérablement inspiré. Bref, le King of Blues est le passeur de mémoires du Delta du Sud des Etats-Unis qui a si bien réussi à faire passer l’émotion originelle à son instrument devenant ainsi un véritable morceau d’histoire et restant une influence respecté de tous.

N°2 : Duane Allman by Erik

vendredi 27 juillet 2012

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Woaw, le sudiste Duane Allman deuxième du prestigieux Top 100 des guitaristes du non moins prestigieux Rolling Stones Magazine ! Ca peut surprendre pour un européen mais moins pour un observateur d’outre-Atlantique…

Beaucoup moins connu dans nos contrées, Duane fonde, avec son frère Gregg et Dickey Betts, les Allman Brothers, véritable pilier fondateur du Rock sudiste. Au menu : du blues, un zeste de country voire de jazz, du rock, de la slide, de l’impro, beaucoup d’impro.

L’histoire est connue, alors qu’ils sont signés par un label et qu’ils accompagnent de grandes pointures de l’époque (Aretha Franklin, Percy Sledge, etc…) la maison de disque voit uniquement du talent dans le frère cadet (Gregg). Duane perfectionne alors ce qui sera sa marque de fabrique : une précision diabolique au bottleneck et un sens de l’impro quasi illimité. Pour beaucoup, il est celui qui va apporter le sustain et unir le Rock et le Blues. La preuve : Clapton le repère en pleine tournée et lui demande de rappliquer en pleines sessions de “Layla and Other Assorted Love Songs” (Le meilleur de Clapton ?). Clapton et Allman s’entendent de suite comme larrons en foire, unissant l’électricité de leurs instruments aux nombreux produits illicites de l’époque… Duane apporte même le riff de la mythique chanson “Layla” !

Mais la question est : que fait-il là à la deuxième place du top 100 des meilleurs gratteux juste derrière Hendrix ? Mystère pour moi… Je reconnais au gaillard une précision, un doigté, des compos bien balancées, un jeu déjà bien avant-coureur de la déferlante hard-blues qui allait suivre mais deuxième guitariste de tous les temps derrière Jimi ? Comprends pas… La seule explication (et je pique l’idée à Franckie) reste pour moi que le gars fait partie intégrante de l’histoire de la musique dite américaine, que “The Allman Brothers Band” était plus qu’un vague band, c’était un groupe de Rock qui, pour la première fois parlait avec une intonation Sudiste et représentait l’esprit et les valeurs des jeunes des états du sud des Etats Unis. Un groupe fier de ses racines et Dieu sait que les américains aiment ça…

Greatest guitarists by Rolling Stone magazine

mardi 17 juillet 2012

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Rolling Stone magazine publiait, il y a quelques semaines, son palmarès des cent plus grands guitaristes de tous les temps. Classement hautement subjectif dont on ne discutera ni l’ordre, ni la sélection. Même si Neil Young est relégué honteusement en fin de liste. Il est d’abord question de riffs, de bends, de slide, de Blues, de rock’n roll et d’évoquer certains morceaux d’anthologie que ces gratteux ont laissé à la postérité.

Le pinacle du temple est tenu par Jimi Hendrix. Icône d’une époque, génie proclamé de tous, peut-être un des seuls guitaristes dont les morceaux, après quarante ans, gardent une réelle fraicheur. Un feeling incroyable, un touché de manche qui le rendent reconnaissable entre tous. Ajouté à cela, quelques morceaux à très fortes personnalités (Purple Haze, Little Wing, Foxy Lady) et des prestations scéniques qui ont marqué les esprits. L’indicible est devenu légende. Au-delà de cela, au-delà des « live » que tout le monde connait, ses versions studio témoignent encore de son côté visionnaire par les arrangements, la richesse sonore et le travail d’enregistrement.

En cinquième place, on voit apparaitre Robert Johnson. Aux confins du Blues, aux racines du rock et des premières notes amplifiées, pourquoi ne pas évoquer un Charlie Christian (dont l’influence a plus marqué le jazz) ou un Big Bill Bronzy (dont le Hey Hey a été repris par Clapton) ? Peut-être en effet une question d’influence et de filiation spirituelle. Clapton a immortalisé son Crossroad, tandis que Sweet Home Chicago a traversé la moitié du XXème siècle puisqu’il était encore interprété par Ben Harper au début de sa carrière.

Un Blues qui est aujourd’hui conservé aujourd’hui par les deux gardiens du style : B.B. King et Eric Clapton respectivement troisième et quatrième dans le classement. A plus de quatre-vingt ans, B.B. King, l’ambassadeur et un des derniers survivants, a grandi aux sources du Blues et du Gospel, dans l’état du Mississippi. Il a connu l’électrification du genre, la migration vers le nord de ces musiciens noirs à la recherche de club et de contrats. Il plait par ses qualités de soliste qui lui permettent d’enregistrer rapidement ses premiers tubes. Mais surtout, il bénéficie des bonnes grâces de musiciens blancs à l’orientation plus rock, à une époque où les distinctions raciales étaient encore profondément ancrées.

Un de ces blancs n’est autre qu’ Eric Clapton, ce britannique qui se réapproprie les standards du Blues pour se faire une réputation parmi les jeunes londoniens branchés. Il est aussi l’anglais qui éveilla l’Amérique blanche à ce patrimoine musical qu’elle délaissait jusque-là. Une musique de noirs plus seulement faite pour les noirs. C’est au cœur des années soixante que tout se passe pour Eric Clapton. Avec les Yardbirds et ensuite avec John Mayall pour au final fonder le trio qui finira d’édifier sa réputation de guitariste et de frontman : Cream. Dont les I feel free et Sunshine of your love deviendront des hymnes hippies lors de longues versions où improvisations et psychédélisme étiraient les morceaux sur plus d’une douzaine de minutes.

Autre blanc a fondé son jeu sur le blues du delta du mississippi est Duane Allman. Le second meilleur guitariste du classement est une autre de ces incarnations du mythe de liberté que les années 60 ont enfanté. Sa moustache en fer à cheval est pourtant loin du Flower power californien. Il va lourdement électrifier l’héritage « blues » qu’ont laissé des B.B. King pour poser les bases d’un rock sudiste carré et robuste. Il exploitera les techniques de jeu de ses prédécesseurs noirs comme les bends démesurés sur lesquels il rajoute des variations d’accord et surtout, la technique du slide, du bottleneck. Joué sur les guitares qui feront la noblesse du rock et du hardrock plus tard : la Gibson SG et la Gibson Les Paul. Il mourra jeune et, à l’instar de Jimi Hendrix, traversa l’histoire du rock et de la musique du vingtième siècle comme une espèce d’étoile filante.


Avec ces cinq guitaristes, Rolling Stone magazine tente clairement de légitimer l’héritage américain sur ce que fut la musique de la deuxième moitié du vingtième siècle.

N°1 : Jimi Hendrix by Erik

lundi 16 juillet 2012

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Aaaah Jimi… Plus de 40 ans qu’il nous a quitté et toujours au top des gratteux de l’histoire.
Pourquoi cet engouement autour du natif de Seattle ? Pourquoi influence-t-il encore aujourd’hui bon nombre de gratteurs de mandolines ?
Perso, quand je commence la guitare dans les années 80, Hendrix ne figure pas (ou plus) dans les influences présentes à ce moment-là. Mais il plane (il aurait apprécié Clignement d'œil) autour des influences de l’époque (Young, Iommi, Van Halen et consorts)… Je ne saisis pas alors que tous ceux que j’écoute se sont gavés de chaque notes du chevelu gaucher. En effet, Hendrix, c’est un peu comme un roman fondateur que tu dois lire pour comprendre les écrits contemporains, une sorte de mythe fondateur sur lesquels vont venir s’appuyer pléthore de gratouilleux (Malmsteen, Jon Roth et autres fanas de la Strat). Pourtant, quand je le découvre, je trouve cela horrible, c’est brouillon, le son est mauvais, le gars chante mal, les compos m’apparaissent bâclées. 20 ans plus tard quand je redécouvre le bonhomme, je comprends alors comment il était un météorite pour l’époque.
Remember 1966, le rock devient plus dur avec les Who et autres cogneurs mais il manque l’aspect débridé que nous découvrirons tous plus tard. Hendrix arrive avec son sens de l’impro basé autour des plans blues, mais du blues éclaté, tiraillé par un son totalement neuf. En effet, la particularité du son d’Hendrix réside dans l’exploration de toutes les possibilités que lui offrait l’époque : Fuzz, Wah-Wah, flanger, larsen, etc… Pourtant, tout comme beaucoup de grands guitaristes, sur scène il n’utilise que le minimum. Voici le témoignage du guitariste Harvey Mandel (Canned Heat) :
« Je me revois attendant anxieusement de voir Jimi jouer de près car, pour l’avoir vu en concert, je pensais qu’il devait avoir un truc mystérieux construit dans sa guitare afin d’obtenir tous ces incroyables sons. J’ai vite découvert qu’en fait, il n’utilisait qu’une vieille Strat et des amplis Marshall. Il avait quelques gadgets comme l’UniVibe, la Fuzz Face et la Cry Baby, mais tous ces articles étaient disponibles partout dans le commerce. La magie, à vrai dire, provenait uniquement de ses doigts. » — Harvey Mandel, Hors Série Guitare & Claviers 1990
“Et oui c’est bien à propos du jeu et du son du maître qu’il faut crier au génie” (AlbumRock). Le son ? Les potards sont poussés à bloc, s'ensuit un déluge de larsens et de réverb et cette sensation qu’Hendrix ne joue pas de la musique mais s’incarne véritablement dans ses notes nous offrant ainsi le contenu même de ses délires inconscients…
Magique le gaillard mais surtout perfectionniste (Voir les 43 prises nécessaires pour le thème Gypsy Eyes), curieux (il écoutait tout ce qui se trouvait à portée de ses oreilles…), rigoureux (il enregistrait tout d’où le nombre incroyable d’albums posthumes) et showman. Jimi avait tout pour marquer les années 70. Il a élargi le rock par ses innovations et a marqué le public par ses prestations scéniques (Monterey, Woodstock, Ile de Man, etc…). Comme pour beaucoup d’innovateurs, le public l’a boudé pendant longtemps et il aura fallu une reprise (Hey Joe, la plus connue et une des moins passionnantes ?), tout le soutien de Clapton et Townshend à Londres pour qu’à force de dates, il puisse émerger et se faire connaitre d’un plus large public. 4 ans et 4 albums seulement (trois studio et un Live) de son vivant, c’est peu et c’est suffisant à la fois pour comprendre toute la modernité de l’artiste. De l’album “Are you experienced” qui l’a fait découvrir (qui contient déjà un tas de pépites telles que Foxy lady, Red House, Fire, The wind cries Mary) au chef d’œuvre “Electric Ladyland” (Voodoo Chile !) en passant par “Axis, Bold as love”, Hendrix embrase le rock psychédélique de la fin des années 60 et plus rien de ne ressemblera à ça après son passage…
Magique… Quand on l’écoute aujourd’hui, on est d’emblée frappé par la diversité musicale. Sur “Bold as Love”, il part de l'introspection d'un "Up From The Skies" très jazzy pour ensuite confronter l'auditeur à la dureté de titres comme "Spanish Castle Magic" et continuer son exploration musicale en mariant funk ("You Got Me Floatin'"), jazz, soul et même rock plus traditionnel ("One Rainy Wish")… Et que dire du blues ? Dans son premier album, sa prédilection pour lui et pour l’expérimentation se fera sentir tout au long de la galette, rappelant au passage que son aventure musicale commença en compagnie de Little Richard ou de BB King. L’incroyable "Red House", s'inscrit en fondateur d’une certaine forme de blues qui va inspirer bon nombre de guitaristes (Stevie Ray Vaughan, Popa Chubby, Jeff Healey pour ne citer qu'eux). Alors que les beaucoup plus déstructurés "Third Stone From The Sun" et "Are You Experienced?" sont autant d'orgies hallucinatoires à la limite de la transe dans lesquelles Hendrix innove en passant des parties de bandes à l’envers sur fond de sonorités étranges. La force des albums réside dans l’intensité et dans la contradiction des morceaux, ce qui aura comme effet de botter le cul au monde entier du début des 70’s… Son décès inopiné, ses délires psychédéliques, ses exploits sexuels, son look Gypsy et son statut de musicien black achèveront ce que la musique a commencée en faisant passer Super Jimi au statut d’icône du Rock. Amen.

Les 100 plus grands guitaristes…

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C’est l’été (en tout cas, l’été météorologique Triste) et c’est la période des Best-of…

Excellent prétexte donc pour relancer l’activité de Zikzik que ce “100 Greatest guitarists by RollingStone Music” (http://www.rollingstone.com/music/lists/100-greatest-guitarists-of-all-time-19691231)

Franck et moi-même allons donc partir sur ce top subjectif pour faire le point sur les gratteux qui ont émaillé le monde de la planète Zikzik. A suivre donc…

Zita Swoon “Paint Pictures on a Wedding Dress” & Arid “All Things Come in Waves”

lundi 26 juillet 2010

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Nouveau concept pour Zikzik pendant quelques semaines : le thème est le Rock belge ! Modus operandi :

  • Chaque auteur propose 2 albums d'un groupe belge
  • Il met à la disposition des 4 autres les 2 albums choisis
  • Celui qui choisit les albums les resitue contextuellement en quelques lignes avec les covers et fait sa chronique
  • Les autres chroniquent les 2 albums en même temps en 20 lignes max

Let’s goooooo ! Sourire

wedding

“Paint Pictures on a Wedding Dress” - 1998

Gros coup de coeur pour la découverte (tardive) de cet album dès les premières écoutes…

Mais resituons un peu l’opus, le fondateur, Stef Kamil Carlens est un musicien belge né en 1970 et est connu pour avoir été le bassiste et la seconde voix du groupe dEUS, il est le fondateur du groupe A Beatband, qui sera rebaptisé Moondog Jr. puis Zita Swoon.

Le groupe produit un patchwork musical, mélangeant rock, pop, blues, disco et même avec des influences afro-cubaines, en un ensemble prenant toute sa dimension en live. Après deux premiers albums plutôt blues, dont le très bon I Paint Pictures on a Wedding Dress (chroniqué ici), le groupe s'oriente vers un son plus disco - électro, sur son plus gros succès commercial à ce jour Life = A Sexy Sanctuary (2001). En 2005, nouveau changement de son, A Song About a Girls marque une progression vers un son plus chaud, avec des paroles en anglais et en français écrites par le polyglotte leader du groupe. Cet album contient également un duo avec leur compatriote Axelle Red, afin de leur ouvrir un public plus large. Dès 2006, le groupe tourne avec le concept "a band in a box", un show acoustique où le groupe joue en dessous du public.

En mars 2007, le groupe anversois sort un nouvel album, intitulé Big City. Zita Swoon confirme son empreinte d'authencité acoustique tout en élargissant son univers musical : ska, soul, reggae, funck et chanson française sont à la fête de ce nouvel opus que la critique salue comme l'album joyeux attendu. (Wikipédia)

Si Zita Swoon fait une pause pendant laquelle son leader s’oriente vers d’autres voies d’expression, nul doute que le futur projet "Zita Swoon Orchestra : un projet de musique instrumentale" fera encore parler de lui…

Zita Swoon, C’est l’histoire d’un groupe qui n’en finit pas de se réinventer, qui a constamment fait évoluer sa palette musicale en y ajoutant des notes folk, funk déjantéés, disco, soul, world ou encore chanson française, c’est dans le blues - et les singers-songwriters américains - qu’il plonge ses racines. "Au départ, je voulais créer un groupe de blues. Pas le blues classique : je pensais à des gens qui avaient utilisé le blues pour fouler d’autres chemins, mélanger les styles", raconte Stef Kamil Carlens. "Quelqu’un nous a un jour décrit comme des nomades culturels. J’aime cette image. On ne s’est jamais senti limité ni à un genre, ni à une discipline artistique" exprime le leader du groupe et c’est exactement ce qu’on ressent à l’écoute de cet album…

Bercé d’entrée de jeu par la voix harmonieuse de Carlens, le son s’oriente vers un folk blues-rock quelque part entre un Buckley (auquel ils rendent hommage dans “Song for a dead singer”) et un Neil Young en passant par le Bowie période Ziggy… Ce qui ressort immédiatement ce sont les sons inédits et d’ailleurs le nombre d’instruments joué par Carlens est surprenant (electric & acoustic guitar, rhodes, farfissa, melotron, sampling, …) ! C’est enlevé, ça donne une impression de gaité malgré le blues omniprésent voire parfois jazzy mais toujours surprenant et, avouons-le, parfois biscornu. C’est marrant, j’ai parfois l’impression que Arno n’est pas loin… Je suis perso fan du “My Bond With You And Your Planet Disco”, disco et funkysant à souhait dont la couleur annonce déjà l’orientation de l’album suivant…

Un disque inhabituel, surprenant, attachant.

arid things comes in waves

”All Things Come in Waves” - 2008

Ambiance radicalement différente avec le 3ème album d’Arid, groupe gantois. Finaliste d’un concours qui leur permet de graver un titre sur une compil’, ils sont repérés par une filiale de Sony avant de sortir leur premier album qui va les révéler au grand public : “Little Things of Venom”, gros succès en Belgique mais également sur le territoire américain. En 2002, leur deuxième album “All is quiet now” fonctionne moins bien et ne reçoit qu’un succès d’estime malgré le superbe single “You Are”. Le chanteur, Jasper Steverlinck, s’oriente alors vers une parenthèse solo qui lui réussit plutôt bien avec le succès de son album "Songs for Innocence", un des plus grands succès néerlandophones de l'année. En 2008 sort “All things come in Waves”, l’album de la maturité ?

Fini le folk blues empreint de fantaisie, place à une pop alternative mélodique et lyrique ou la voix de Steverlinck reste le principal ingrédient. Que dire sur ses envolées très “mercuriennes” sur le superbe et lyrique “If You Go” ou encore sur le plus électrique “'In praise of”. Mais en dehors des 3 morceaux phares de l’album (j’ajoute aux deux précédemment cités “Words”), on a le sentiment que le groupe n’est plus aussi inspiré que sur le premier album, qu’il s’appuye trop sur la voix (exceptionnelle) de Jasper. On a un goût de trop peu, c’est clair et on aurait aimé un peu plus de travail au niveau de la finition des morceaux et sur la construction musicale trop simpliste (pour faire de la place au chant ?). Certains sons sont dépassés et les tempos sont uniformes…

Bref, fan absolu de la voix du monsieur, je reste déçu (et je le serai encore davantage par le dernier opus), je ne peux que constater qu’un environnement acoustique tout en nuance siérait mieux à la voix et que les instrumentistes ne lui servent que de support. L’inspiration n’est pas toujours au rendez-vous, alors, Arid groupe d’un seul album ?

L’avis de Franck (18/08) :

Arid

Arid, voilà bien un groupe qui me laisse bien sec. Je sais c’est facile mais tellement vrai. Deux concerts à 10 ans d’écart ont confirmé ce sentiment. Non pas que le groupe soit mauvais. Ils ont tout pour faire une belle carrière internationale et ce dès leurs débuts. La voix de Jasper Steverlinck est la pierre angulaire du projet. Haute, maîtrisée au service d’un pop-rock passe-partout. Il n’y a pas de raison que cela ne marche pas. Après tout Jeff Buckley n’a pas fait mieux ! Si une reprise qui accroche. A trop surfer sur les cendres du songwriter, à tant vouloir renier son identité belge, le groupe peine à se créer un nom. 2008, 10 ans après les débuts, sort « all things come in waves » plus de lyrisme toujours moins d’inspiration (on est plus très loin d’un Queen période The Miracle), un pas de plus dans leur traversée du désert.

Zita Swoon

Dans le paysage musical belge, Zita Swoon est probablement un des groupes les plus passionnants de ces dix dernières années. Stef Kamil Carlens et son acolyte Tom Pintens ont fait de Zita Swoon un kaléidoscope musical passant du rock au funk, du disco à la chanson populaire. Porté par le titre « My bond with you and your planet : Disco !  » l’album fut le premier grand success du groupe. Pourtant avec le recul on se dit que Zita Swoon était encore bien loin de dévoiler toute la carrure musicale que le groupe aura plus tard. Personnellement je garde une préférence pour l’album « A band in a box ». Mais avec Zita Swoon ce n’est pas une question de qualité, c’est une question de goût.

L’avis de Seb (23/09) :

Critiquer des albums de rock belge… quelle idée ! Si cette idée, entre autres un aspect ludique permet de faire connaitre des perles rares qui hantent ma médiathèque et en découvrir de retour, cela devient une excellente idée.

Pour cette première critique, choix du sort, ce sont deux albums très différents, très distants tant en temps qu’en influence qui ont étés choisis par Eric.

Connaissant depuis sa sortie en 98 l’album des Zita Swoon, l’ayant fait tourner des heures durant à l’époque dans ma platine, je me suis dit qu’il serait plus intéressant de commencer par l’autre album sélectionné, qui pour moi était inconnus.

Arid - All Things Come in Waves

En fait « inconnus », cet album ne peut l’être tant le matraquage médiatique autour du groupe et des certains singles à été intense. (sur des titres comme « Words » ou « Why do you run » entre autres).

Adepte du « point de tension mélodique», cher à d’autres groupes belges dont dEUS, et qui propose une augmentation d’énergie sans changer de tempo ni d’harmonie, en modulant simplement autour du thème (« Right this time »), Arid sait au mieux tirer parti du peu de variété des harmonies en cassant ses rythmes métronomiques par des moments plus sirupeux (comme dans le passage mélo(dique) de « I hear voices »).

Cet album bien que très mièvre, et manquant de relief, propose

Arid c’est !

Arid c’est comme Queen sans Freddy, comme du Muse sans basses plombée et guitare dégoulinantes, comme un groupe de brit-pop sans les tabloïds qui vont avec, …

Arid ce n’est pas !

Un groupe de rock belge, … en tout cas ca n’en a pas le gout, l’odeur, la forme et la consistance.

Malgré tout souhaitons leur bonne chance pour leur nouvel album sorti ce début mars et dont nous ne manquerons surement pas d’entendre encore certains de ses fruits sur les ondes dans les mois qui viennent.

Zita Swoon

Dès son départ de dEUS, il était écrit que Stef kamil carlens, devenu guitariste chanteur, ne sortirai pas des spotlight. Et quand Everyday I Wear a Greasy Black Feather on my Hat (premier vrai album d’après dEUS débarque en 95, c’est la claque.

Je me rappelle pour les avoir vu, à cette époque dans un obscure salle de Liège, combien la richesse des instrumentations de Tom Pintens et la voix de paon en rut de Stef pouvait se faire dresser la pilosité des plus aguerris à la vague pop/rock flamande.

I Paint Pictures on a Wedding Dressest avec A Song About A Girls , a mon avis le meilleur de ce que Zita Swoon peut faire. Amener un coté intimiste et jazzy dans des mélodies et des rythmes tantôt blues, tantôt afro-cubain, tantôt rock, mais toujours « traditionnellement flamand ».

Dans cet album « coup de cœur » deux titres me sont encore plus cher « Our daily reminders » qui en live au Pukkelpop 99 m’a tiré des larmes (et je suis pas « bon public »)… et « One perfetct Day » … qui rappelle combien Stef a manqué par la suite à dEUS en terme de voix et d’harmonie.

Bar Kokhba “Lucifer. The Book of Angels vol. 10” – Denis

mardi 23 février 2010

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Et bien voila un disque sur lequel je ne voulais pas poser une critique… Comment aborder un album de Zorn ? un Zorn sans Zorn ! Un Zorn avec son habituel rendez vous de guest star ! Un Zorn sans prise de risque ! Mais bon je me lance, faut l’accoucher celle-là, et au forceps svp…

Entouré ici du sextet Bar Kokhba, Joey Baron , Marc Ribot, Cyro Baptista, Greg Cohen, Erik Friedlander, Mark Feldman, et oui rien que ça, il a de chouettes amis notre John Zorn , c’est la grosse artillerie , on sait que l’on va avoir de la virtuosité, du talent, et qu’ils vont même se permettre le luxe de s’amuser.

Je l’avais complètement zappé cet album, probablement par lassitude des productions zorniennes, ou juste pas envie de yidicheries pour le moment, alors je l’écoute, le réécoute …. Et je n’arrive pas à me sortir de l’esprit, que je n’y retrouve rien de nouveau et que ça m’ennuie franchement, les thèmes sont connus, le tout est homogène et joué avec beaucoup de fun, mais tout ça on l’a déjà entendu.

C’est peut être une bonne première approche de l’univers de Zorn, un album tout terrain qui plaira en toutes circonstances, mais moi j’ai envie qu’il me surprenne, me transporte vers autre chose, et là c’est plus du surplace mais de la fixation dans le béton armé.

Du coup je n’arrive pas à sortir quelque chose de positif de cet album… et pourtant on peut vraiment dire que je suis un fan du gaillard.
Bon sur ce, je vais me réécouter un peu de "Naked City" et de "Painkiller" !!!

Bar Kokhba “Lucifer. The Book of Angels vol. 10” – Franck

mercredi 3 février 2010

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John Zorn saxophoniste, John Zorn compositeur, John Zorn producteur et directeur de maison de disques (Tzadik), l’homme a bien des facettes. Des métiers qu’il accomplit avec beaucoup de maîtrise. Trop pour certains. Le propos n’est pas ici de juger l’homme d’affaires mais l’une de ses innombrables productions. On lui dénombre plus d’une centaine d’albums et ce, sans compter les collaborations. S'y retrouver dans sa production et, à fortiori, dans le gargantuesque catalogue "Tzadik" est un vrai jeu de pistes et de détours.

Issu de l’avant-garde new-yorkaise de la fin des années 70's John Zorn finira par rencontrer le succès en 1985 grâce aux reprises de musiques de film ; notamment celles d’Ennio Morricone. Suivront ensuite les formations "Naked City" et "Painkillers". Epoque où je fais sa découverte. Quelle claque je me prends! Une musique forte, hétéroclite faite de free jazz, de musique de film, de mathcore, d’improvisation, de dub, d’ambient, de musique contemporaine… Zorn : c’est traverser ces univers musicaux à mach 2.

Le « Bar Kokhba – Lucifer Book of Angels Vol. 10 » est loin de ce coup de poing dans la gueule que je m’étais pris à l’époque… Et pourtant…

Le projet Bar Kokhba est né en 1996 avec un double album assez austère, baigné des traditions juives comme souvent dans le travail de Zorn. Mais la formation qui est sous les feux des projecteurs, à cette époque, est son quatuor Masada. Trompette, batterie, contrebasse et saxophone construisent un des jazz les plus passionnants depuis le New Thing et les grandes années de "Blue Note". Coloré comme de la musique Kletzmer et avant-gardiste comme un jazz new-yorkais peut l’être. Mais Zorn n’est pas du genre à mettre tous ses œufs dans le même panier. Il compose et mène de front d’autres projets dont ses fameuses musiques de films (Filmworks). Il prête son saxophone et monte des formations le temps d’un ou deux albums. L’homme a bien des facettes dis-je ! Outre l’écriture et l’instrument, il faut lui accorder deux autres talents: Celui de producteur ; il dirige le label Tzadik d’une main de fer et celui de s’entourer. A ses côtés on retrouve des musiciens d’un niveau et d’une intelligence musicale hors du commun. En les produisant, en collaborant avec eux, en les engageant dans ses propres projets, il s’est créé une vraie famille. Des musiciens qui jouent ensemble à longueur d’année, qui s’approprient les morceaux, qui improvisent et qui font de cette manière évoluer sa musique. Un modus operandi pas si éloigné des traditions manouche, rom et… juive forcément.

Au quatuor Masada va succéder le Masada Electrique, début de ce siècle. Une réinterprétation des morceaux de la formation. Cyro Baptista complète les percussions. Marc Ribot ajoute une grande part de guitare électrique. Joey Baron, qui tient la batterie, va, un temps, céder sa place mais nous le retrouverons sur ce "Bar Kokhba". Idem pour Greg Cohen à la contrebasse. Lui-même faisait partie du "Masada String Trio" avec Erik Friedlander et Mark Feldman et, tous trois figurent à nouveau dans la formation "Bar Kokhba". L’album sort en 2008. Cela fait donc 10 voire 15 ans que ces musiciens jouent, ensemble, le même répertoire. Zorn est, ici, à l’écriture et à la production. Pas une note de saxophone n’apparaît sur le disque. Un album qui est le résultat de douze années d’un travail d’artisans, de polissage, de ciselage et de finition. Un jazz de chambre où Zorn a écrit tous les morceaux mais où il a aussi créé l’alchimie entre les musiciens. La musique y est vivante, brillante. Au trio de cordes détenteur de traditions, d’une forme de classicisme répond la guitare électrique. Pas de distorsion, pas de larsens, un son clair et brillant éclairant en contrepoint le jeu du violon et du violoncelle. Les percussions apportent, elles, les couleurs de l’Orient.

Un disque à la croisée des chemins empruntés par Zorn. On retrouve Marc Ribot et Cyro Baptista comme dans le Masada Electrique. Les cordes s’inscrivent clairement dans la tradition Kletzmer mais avec une écriture qui s’est finement assurée au fil des compositions. On va reconnaître cette plume, cette orientation, dans les Filmworks depuis le 10e Opus jusqu’au plus récent. Soit treize albums plus tard. Un disque à la croisée des chemins auquel il ne manque que deux choses pour comprendre l’homme : son saxophone et la liberté dégagée par ses précédentes formations.

L’aventure sonore, l’improvisation, l’inattendu, points communs d’un "Naked City" et d’un Electrique Masada, à 20 ans d’écart, ne sont pratiquement pas présents ici. Cela a pourtant existé pour en arriver là car c’est dans le jeu et l’écriture des musiciens. La décision a été prise de vernir tout cela pour cet album et non de galvaniser.

Pour ceux qui ne sont pas encore contaminés par le jazz et la musique du monde, ce disque est une belle porte d’entrée. Pour ceux qui, séduits, voudraient poursuivre en douceur, les derniers filmworks de Zorn sont souvent de belles promenades musicales. Pour ceux enfin qui veulent se lancer dans l’aventure sonore, dans un jazz où sont contés les grands épisodes historiques, héroïques et épiques de la tradition hébraïque, il faut se plonger dans l’écoute de Masada.

Bar Kokhba “Lucifer. The Book of Angels vol. 10” – Eric

mercredi 27 janvier 2010

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barkokhba_luciferSans vouloir entrer dans les détails (j’en serais incapable) de la nébuleuse du monde de Zorn (oh, ça fait un peu Toy Story, comme intro :-)), Bar Kokhba est une xième émanation du groupe de jazz créé par Zorn himself, Masada. Tout comme Masada (Site historique situé en Israël), Bar Kokhba emprunte son nom à l’histoire d’Israël (c’est le nom d’une révolte importante des juifs contre l’empire romain). Le projet est donc empreint d’une forte identité culturelle juive… “Lucifer Vol.10” s’inscrit dans une série d’albums donc chacun porte le nom d’un ange cité dans la Torah. Sur papier, le line-up est impressionnant (Ribot, Cohen, Douglas, Baron, etc…). Lucifer étant l’ange le plus populaire (même si c’est pour de funestes raisons…), ce dixième opus serait-il le l’album de Zorn à absolument écouter ?

Je ne suis pas un spécialiste de jazz aussi je vais relater mes impressions de l’écoute sans entrer dans le débat de la construction harmonique mais plutôt sur la richesse des sons et des ambiances. Après consultation, je me rends compte qu’il s’agit d’un sextet, woaw, ça va faire du monde ça ! ;-) Je lance l’écoute, un peu dubitatif au départ, et je découvre un jazz oriental magnifique, riche avec des cordes splendides, une guitare magnifique de Ribot (un peu plus en retrait que d’habitude ?) et des percussions presque latines… Woaw, j’adore!

Dès le premier morceau, on est pris par l’ambiance et la dynamique des morceaux. L’alliance de la guitare et du violoncelle dans le thème est géniale, c’est léger et mélodique. Je redoutais le côté hermétique de ce genre d’œuvre mais je dois constater que cet album est accessible à tout auditeur aimant un jazz inspiré teinté de motifs de “Jewish music”. Je constate aussi avec bonheur qu’il n’y a pas ici de démonstration excessive comme souvent dans le jazz mais que les successions de thèmes sont bien amenées, claires voire dépouillées. Il est rare que l’égo des musiciens de ce calibre soit à ce point mis de côté pour une alchimie collective au plus grand bonheur de l’auditeur. Les mélodies parlent d’elles-mêmes, les dialogues apparaissent naturellement et on a parfois presque l’impression d’écouter une jam session tellement cela paraît instinctif à certains endroits… Les interventions de Ribot, comme aime ou pas, sont lumineuses et apportent un réel côté électrique dans cette ambiance très feutrée. On se retrouve ainsi dans un monde de sonorités jazzy ouatées aux thèmes hébraïques, c’est une réelle expérience de voyage que d’écouter cet opus.  Et c’est d’une sérénité…

Spain “The Blue Moods of Spain” – Cd N°7

jeudi 7 janvier 2010

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Un petit extrait :

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The Blue Moods of Spain - Laurent

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Plusieurs semaines m'ont été nécessaires pour écouter cet album et en écrire la critique. C'est dire si l'expérience a été difficile. Pour faire court, je n'ai pas apprécié l'album. Sans doute le manque de background attaché à l'artiste et à son concept...

Voici ma découverte de The Blue Moods of Spain, plage par plage :

It's so true - Immédiatement, ce morceau (le meilleur de l'album) me fait penser à quelque chose. Un tube des années 50 ou 60, je ne sais plus. Un truc énorme. Mais pas moyen de revenir sur le titre. Toujours est-il que c'est répétitif mais plaisant. Sauf... sauf qu'à un moment on (je) aimerait bien que « ça » démarre, que « ça » se lance. Attente non récompensée.

Ten nights - Ici aussi on est dans le répétitif, dans le calme, le relaxant. Voire le soporifique. On a l'impression que les musiciens se contiennent (de trop). L'ambiance est déprimante. C'est longuet.

Dreaming of love - Et zut ! Encore et toujours la même chose, la même construction musicale. Et c'est trop gentil, trop léger. Et surtout inutilement long. Argh ! Décidément, je n'y arrive pas. J'espère qu'on va m'offrir autre chose pour les pistes suivantes...

Untitled #1 - Le problème avec ce genre d'album, c'est que si on accroche pas au premier morceau... on court à la déception pour l'entièreté de l'œuvre. Ici, je me rends vite compte que le chanteur n'a pas de voix. Il soupire plus qu'il ne chante et parvient difficilement à hausser le ton. Techniquement, c'est trop aigu, trop piquant, trop travaillé. On a l'impression que les instruments ne forme pas un ensemble. Et une fois de plus, c'est long, très long. Et répétitif.

Her used to been - Je souffre. Les morceaux sont trop calqués les uns sur les autres. J'attends désespérément une envolée plus rock, plus pop. En vain. Et ce chanteur qui n'a pas la carrure pour mener l'exercice à son terme. Désolé. Je coince.

Ray of light - Ici, on a un morceau prometteur mais au final tout ça manque de fluidité. Pitié, changez de chanteur ! Une approche plus rock eut été un bon choix. Hélas, le groupe se cantonne à ses riffs répétitifs et ennuyeux.

World of blue - Le coup de grâce ! Dix minutes is te veel ! Ils ont décidé de m'achever, c'est pas possible.

I lied - Encore un morceau qui aurait mérité une autre approche. Mais non. Apparemment, l'album sera construit sur un moule unique. Artistiquement pauvre.

Spiritual - Que dire de plus puisqu'on reste sur le même thème ? Que l'effet stéréophonique arrive de façon inappropriée et désagréable ? Que « tchic - tchic - boum » pendant de longues minutes est abrutissant ?

En conclusion, mais vous l'aurez compris, je n'ai pas aimé. Pas du tout. Peut-être faut-il écouter cet album à un moment particulier, dans un endroit spécifique ? Je ne sais pas. Pour moi, quelques accords et quelques riffs ne font pas de grands morceaux... voire de musique ! Je pense qu'il ne faut pas découvrir cet album comme moi, de but en blanc, sans liaison personnelle mais au contraire l'associer à un évènement, à une ambiance. Dommage pour moi.

The Blue Moods of Spain - Eric

lundi 4 janvier 2010

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spain Riff de basse lancinant et voix tranquille, c’est calme, reposant et ça nous laisse rêveur voire méditatif... Les chansons développent des ambiances pop mélancoliques soutenues par une voix posée et calme, une batterie feutrée et une guitare acoustique aux accords simples et efficaces. Ainsi commence l’album de Spain “The Blue Moods of Spain”. Spain ? Un groupe constitué autour de Josh Haden, qui n’est autre que le fils de Charlie Haden – célèbre contrebassiste qui jouait avec Don Cherry, Coleman, Jarrett, Shepp, Getz…

En écoutant “The Blue Moods of Spain”, tout y paraît si simple, à portée de main, humain. Les intro de basses apaisantes, les accords cristallins des guitares acoustiques, les mélodies épurées. “Des chansons lentes, belles, qu'on écoute en boucle, qu'on voudrait interminables, suspendues en l'air, hors du temps et des modes…” Intemporel est le mot qui convient le mieux à l’album, il aurait pu être composé et enregistré il y a 50 ans comme dans 50 ans…

Si le papa a certainement influencé le choix de l'instrument de Josh, la musique reste dans le monde folk-rock-blues, un blues acoustique parsemé de jazz (Ah, ces soli de guitares paisibles). Spain évolue dans une musique feutrée mais néanmoins efficace, magnifique en tout cas. Bien sur, le titre de l’album porte bien son nom, le folk-blues se révèle aussi marrant que le dernier Hawley (voir plus bas). Haden reste dans l’auto-apitoiement permanent, le regret, la plainte de l’amoureux mais ce n’est pas du pathos intellectualisé, c’est de l’humain, on est en pleine musique organique… Curieusement, cette musique ne déprime pas,au contraire, on la partage, on la vit… Oui, c’est ça, ça se vit, ça se ressent, il faut juste laisser sa raison un peu sur le côté et s’ouvrir aux émotions et aux sons…

Ca reste à écouter la nuit de préférence, pour profiter de l’ambiance feutrée… Late-night groove music comme disent les ricains.

Pour résumer très joliment, voici un petit texte de Pierre Terdiman sur l’album :

Je me suis fait avoir…

Pourtant je le savais bien qu'il ne fallait pas y toucher. Mais ça n'a rien changé. Une seconde d'inattention, et voilà, terminé, game over.

Changement de disque: « The Blue Moods of Spain”.

J'ai compris mon erreur dix secondes après les premières notes. Fallait pas le lancer, fallait pas le réécouter, fallait le laisser sous la pile. Je savais ça pourtant, y'a quelques années. Mais aujourd'hui je me suis fait avoir comme un débutant.

23h38, première note du premier morceau.

23h39, j'ai totalement oublié ce que j'étais en train de faire, le monde peut bien s'écrouler, je reste scotché sur Spain, incapable de faire autre chose qu'écouter.

23h40, j'éteins toutes les lumières, je m'allonge tout habillé, je ferme les yeux, le cocon douillet tissé par Josh Haden se referme sur moi, et selon toute vraisemblance un sourire niais orne probablement mon visage. Bonheur.Ray of Light et World of Blue marquent la transition entre le bout de réalité qui avait survécu dans la pièce et le rêve pur et dur. Je me suis endormi, je crois. C'est le silence qui m'a réveillé.

Ca faisait longtemps que j'étais pas retombé dans le piège Spain. Alors voilà mon nouveau fantasme officiel : the blue moods of Spain dans le Blue Lagoon (musique lente, idéale à cet endroit, j'ai honte de pas y avoir pensé plus tôt), ensorcelé par une jolie miss serrée contre moi, enivré par la fragrance de sa chevelure, envoûté par ses yeux…

En attendant, je me suis fait avoir. Comme un bleu…”

The Blue Moods of Spain - Franck

mercredi 30 décembre 2009

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Denis nous parle du Blue Mood of Spain comme d’un vieil ami. Bon nombre d’albums que nous avons dans nos collections sont en effet de vieux potes qui nous accompagnent depuis des années. On en délaisse parfois au profit de nouvelles rencontres ou pour des retrouvailles. On en garde d’autres en permanence non loin de la platine. On leur accorde tous une place particulière.

La philosophie de ce Blog étant de parler et de proposer des albums qui nous ont marqués et parfois même qui ne nous ont jamais quittés, je suis heureux que, pour son premier album, Denis ait choisi celui-ci. Certains de ces disques ont été les témoins d’épisodes de nos vies. Leurs titres faisant ressurgir aujourd’hui des souvenirs d’invitation à danser et à faire la fête ainsi que des émotions plus intimes. Il y a de ces albums avec lesquels on aime se retrouver seul. C’est le cas de celui-ci.

A part en concert, je ne me rappelle pas avoir écouté ce disque avec un de mes amis. Ou du moins ce n’est pas le souvenir que j’en ai gardé. Pourtant, depuis sa sortie, il y a un peu plus de quinze ans, nous l’avons écouté au point d’en connaître chaque mesure. Pourquoi ne pas se le passer lors d’un repas ou autour d’une bière tard dans la nuit ? Cet album est un plaisir solitaire. On aurait l’impression de le trahir si on le diffusait en musique de fond. Après tout, on a déjà passé trop de temps avec lui. On l’affectionne. On n’a pas envie de le délaisser car nous savons ce qu’il recèle : une musique intense, sombre et élégante. Une musique que l’on ne partage pas mais que l’on doit faire découvrir.

Oui, ce disque est un vieil ami, avec ses défauts et ses qualités. On le sait là, jamais très loin. On lui pardonne ses erreurs, ses titres plus faibles, la légèreté des thèmes et son tempérament nonchalant. On lui pardonne car on le sait riche d’ambiance, d’une écriture finement posée. Les mélodies sont simplissimes mais elles sont également profondes et riches. Et à chaque écoute, elles vous accueillent toujours avec la même chaleur et la même intensité dans ce salon aux velours bleutés où elles ont élu domicile.

Blue Mood of Spain - Denis

lundi 30 novembre 2009

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Bien difficile épreuve que de choisir ce premier album à critiquer, c’est un peu comme devoir émettre un jugement sur ce pote que tu connais sur le bout des doigts et que tu devrais présenter à des inconnus.

Cet album, c’est un peu mon vieux compagnon de route, il ne m’a jamais lâché ou déçu, inutile de s’attarder sur la biographie du groupe, wikipedia se charge de ça très bien !!...Ici la musique se montre tellement évidente, sans artifice, des instruments joués avec précision et sans excès démonstratif pompant, les solos appuient la mélodie sans s’y détacher et le tout dans une homogénéité monolithique.

La basse est chaude et répétitive, la voix est pausée, inimitable, la guitare limpide, et tout cela dans une parfaite prise de son et un mix remarquable. Pas question de se faire enfermer dans un style, le folk, le blues, le rock et tant d’autres genres se bousculent afin de créer une œuvre humaine bourrée d’émotion… Cet album est une bâtisse, ou tout le monde peut se faire inviter, de prime abord monotone, mais si on se permet de la visiter elle deviendra hypnotique, envoûtante, indispensable…

La gaudriole n’est certes pas au rendez vous, mais la tristesse sombre dégagée par l’album est tout en clair-obscur afin de révéler tous les reliefs de l’œuvre. Je me surprends à redécouvrir avec le même plaisir qu’il y a presque 15 ans ces 9 chansons totalement intemporelles.

De grandes voix (Johnny Cash, Mark Lanegan avec Soulsavers) se sont lancées dans la reprise de Spiritual, mais sans atteindre cet état de grâce, ni même faire la moindre ombre à l’original. Je vous le dis, l’expression « l’essayer c’est l’adopter » n’a jamais été aussi évidente …. its so true

Richard Hawley « Truelove's Gutter » - Eric

mercredi 11 novembre 2009

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richardhaw

Ainsi, Laurent nous a dégotté un album de crooner des années 2000… Dès la première écoute, je sais que je vais avoir difficile d’aller au bout de cet album tant ce style est à l’opposé de ce que j’aime.

Pourtant, l’exercice est là et il faut que je me force à découvrir cet album qui me paraît tellement linéaire et ennuyeux de bout en bout…

5° album de l’ex-guitariste des Pulp, Richard Hawley se paye le luxe de réaliser des albums très éloignés du style du groupe british… Car “Truelove’s Gutter” est un album de style au-delà d’être un album d’expression : celui d’une voix de crooner accompagnée de quelques arpèges et d’une batterie jouée aux balais.

Tout est lent, indolent, suave, à la limite de la guimauve… J’écoute, je réécoute mais je n’arrive pas à accrocher aux subtilités de l’album même si je dois reconnaître que l’artiste a fait un beau boulot et que c’est cohérent.

Après une introduction cinématographique, la bonne surprise arrive de suite, il s’agit du morceau ‘Open Up Your Doors’, la seule bonne surprise de l’album pour moi. Si la voix est bien placée et que le timbre est superbe, je dois dire que je n’ai pas du tout accroché au terrible manque d’émotion et de d’expression de cet album. Un album tout à fait hors du temps et de toutes les modes..

Une sorte d’oeuvre contemplative dans laquelle on ne rentre jamais. Pour “In Rocks”, “Ecouter Hawley, c’est penser à Elvis, Sinatra, Roy Orbison, Scott Walker,Willie Nelson, Johnny Cash, Chris Isaak, c’est un volume de rock et de country pour dix volumes d’élégance satinée et une pincée de psychédélisme.

L’artiste, lui, a voulu : “échapper au manège emballé qu’est devenu le monde. Il faut ralentir, c’est super de ralentir, tout le monde devrait essayer de temps en temps…”. Tellement ralenti que moi, je ne me suis pas arrêté…


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