The Blue Moods of Spain - Franck
mercredi 30 décembre 2009
La philosophie de ce Blog étant de parler et de proposer des albums qui nous ont marqués et parfois même qui ne nous ont jamais quittés, je suis heureux que, pour son premier album, Denis ait choisi celui-ci. Certains de ces disques ont été les témoins d’épisodes de nos vies. Leurs titres faisant ressurgir aujourd’hui des souvenirs d’invitation à danser et à faire la fête ainsi que des émotions plus intimes. Il y a de ces albums avec lesquels on aime se retrouver seul. C’est le cas de celui-ci.
A part en concert, je ne me rappelle pas avoir écouté ce disque avec un de mes amis. Ou du moins ce n’est pas le souvenir que j’en ai gardé. Pourtant, depuis sa sortie, il y a un peu plus de quinze ans, nous l’avons écouté au point d’en connaître chaque mesure. Pourquoi ne pas se le passer lors d’un repas ou autour d’une bière tard dans la nuit ? Cet album est un plaisir solitaire. On aurait l’impression de le trahir si on le diffusait en musique de fond. Après tout, on a déjà passé trop de temps avec lui. On l’affectionne. On n’a pas envie de le délaisser car nous savons ce qu’il recèle : une musique intense, sombre et élégante. Une musique que l’on ne partage pas mais que l’on doit faire découvrir.
Oui, ce disque est un vieil ami, avec ses défauts et ses qualités. On le sait là, jamais très loin. On lui pardonne ses erreurs, ses titres plus faibles, la légèreté des thèmes et son tempérament nonchalant. On lui pardonne car on le sait riche d’ambiance, d’une écriture finement posée. Les mélodies sont simplissimes mais elles sont également profondes et riches. Et à chaque écoute, elles vous accueillent toujours avec la même chaleur et la même intensité dans ce salon aux velours bleutés où elles ont élu domicile.
Blue Mood of Spain - Denis
lundi 30 novembre 2009
Cet album, c’est un peu mon vieux compagnon de route, il ne m’a jamais lâché ou déçu, inutile de s’attarder sur la biographie du groupe, wikipedia se charge de ça très bien !!...Ici la musique se montre tellement évidente, sans artifice, des instruments joués avec précision et sans excès démonstratif pompant, les solos appuient la mélodie sans s’y détacher et le tout dans une homogénéité monolithique.
La basse est chaude et répétitive, la voix est pausée, inimitable, la guitare limpide, et tout cela dans une parfaite prise de son et un mix remarquable. Pas question de se faire enfermer dans un style, le folk, le blues, le rock et tant d’autres genres se bousculent afin de créer une œuvre humaine bourrée d’émotion… Cet album est une bâtisse, ou tout le monde peut se faire inviter, de prime abord monotone, mais si on se permet de la visiter elle deviendra hypnotique, envoûtante, indispensable…
La gaudriole n’est certes pas au rendez vous, mais la tristesse sombre dégagée par l’album est tout en clair-obscur afin de révéler tous les reliefs de l’œuvre. Je me surprends à redécouvrir avec le même plaisir qu’il y a presque 15 ans ces 9 chansons totalement intemporelles.
De grandes voix (Johnny Cash, Mark Lanegan avec Soulsavers) se sont lancées dans la reprise de Spiritual, mais sans atteindre cet état de grâce, ni même faire la moindre ombre à l’original. Je vous le dis, l’expression « l’essayer c’est l’adopter » n’a jamais été aussi évidente …. its so true
Richard Hawley « Truelove's Gutter » - Eric
mercredi 11 novembre 2009
Ainsi, Laurent nous a dégotté un album de crooner des années 2000… Dès la première écoute, je sais que je vais avoir difficile d’aller au bout de cet album tant ce style est à l’opposé de ce que j’aime.
Pourtant, l’exercice est là et il faut que je me force à découvrir cet album qui me paraît tellement linéaire et ennuyeux de bout en bout…
5° album de l’ex-guitariste des Pulp, Richard Hawley se paye le luxe de réaliser des albums très éloignés du style du groupe british… Car “Truelove’s Gutter” est un album de style au-delà d’être un album d’expression : celui d’une voix de crooner accompagnée de quelques arpèges et d’une batterie jouée aux balais.
Tout est lent, indolent, suave, à la limite de la guimauve… J’écoute, je réécoute mais je n’arrive pas à accrocher aux subtilités de l’album même si je dois reconnaître que l’artiste a fait un beau boulot et que c’est cohérent.
Après une introduction cinématographique, la bonne surprise arrive de suite, il s’agit du morceau ‘Open Up Your Doors’, la seule bonne surprise de l’album pour moi. Si la voix est bien placée et que le timbre est superbe, je dois dire que je n’ai pas du tout accroché au terrible manque d’émotion et de d’expression de cet album. Un album tout à fait hors du temps et de toutes les modes..
Une sorte d’oeuvre contemplative dans laquelle on ne rentre jamais. Pour “In Rocks”, “Ecouter Hawley, c’est penser à Elvis, Sinatra, Roy Orbison, Scott Walker,Willie Nelson, Johnny Cash, Chris Isaak, c’est un volume de rock et de country pour dix volumes d’élégance satinée et une pincée de psychédélisme.”
L’artiste, lui, a voulu : “échapper au manège emballé qu’est devenu le monde. Il faut ralentir, c’est super de ralentir, tout le monde devrait essayer de temps en temps…”. Tellement ralenti que moi, je ne me suis pas arrêté…
Richard Hawley « Truelove Gutter » - Denis
mercredi 21 octobre 2009
Première écoute, et 2 noms me viennent immédiatement à l’esprit, Billy Fury le clonage vocal est impressionnant, et Burt Bacharach pour le côté mélodie sophistiquée.
On est clairement installé dans une autre époque, celle où l’on draguait les filles le poil gominé et le smoking flashy trop large. Même si certains passages tentent une approche plus contemporaine (« soldier on » et son ascension racoleuse) l’ensemble n’est pas destiné à la midinette du 21e siècle.
Mais venons-en aux compositions, un titre d’introduction qui nous installe tranquillement dans son univers cinématographique, celui de Doris Day avec ses chants d’oiseaux, sa montée dramatique et son happy end. La guitare slide est utilisée à l’excès et beaucoup de titres sont tirés en longueur, ce qui a tendance à alourdir des titres qui, simplifiés, se seraient montrés beaucoup plus sympathiques.
Des morceaux touchants, comme peuvent l’être les compositions du sieur Bacharach (open up your door, soldier on, for your lover give sometimes)…. D’autres plus « pop » à la mélodie entêtante (don’t you cry, remorse code)…. Et d’autres particulièrement chiantissimes , « ashes on fire » …. Dit richard c’est un titre de Johnny Cash ça ? non !! ah bon ! « Don't Get Hung Up In Your Soul » avec son nappage d’écho et sa scie musicale tout simplement insupportable.
Un album plaisant à écouter, qui m’a donné envie de replonger dans la longue discographie de Burt Bacharach afin de retrouver ces mélodies qui m’ont fait rêver. Et rien que pour ça, j’irai jeter une oreille sur ses 2 autres albums.
Celui-ci ne deviendra certainement pas mon disque de chevet… du moins pas pour le moment.
Richard Hawley « Truelove's Gutter » - Laurent
samedi 17 octobre 2009
Mais passons à l'analyse proprement dite :
- L'album démarre avec un morceau ciselé, « As the Dawn Breaks ». Après une introduction douloureuse sous forme d'une saturation sonore très déplaisante, je découvre la voix grave, presque gutturale, de Richard Hawley. Celle-ci tranche étonnement avec la clarté chirurgicale de la guitare acoustique. Et on se surprend à peine à penser à Paul Anka, Chris Isaak, Johnny Cash. On vogue doucement dans une douce déprime, des chants d'oiseaux venant égayer autant que possible un triste tableau minimaliste.
- Vient ensuite « Open Up the Door ». Nettement plus joyeux. Ici, la batterie fait son apparition (pour notre plus grand bonheur) et la plage gagne en musicalité vers la fin. Presque un hymne. Mais un hymne à la joie ou à la tristesse ?
- Avec « Ashes on the Fire », on découvre une plage pop-country. On est pas loin d'un Badalamenti arrangeant l'album « Floating Into The Night » de Julee Cruise. On est proche aussi du son des Notting Hillbillies avec « Missing... presumed having a good time ». J'irai même à faire le rapprochement avec un « Great Balls of Fire »...
- La quatrième pièce se présente comme un (très long) morceau folk-pop dans lequel Hawley démontre qu'il peut monter un peu dans les octaves, sa voix étant comme une friandise sucrée qui descend doucement... dans les oreilles ! J'ai regretté une présence féminine qui aurait donné une certaine envolée à l'exercice ; mais c'est sans compter ce qui semble être un égocentrisme artistique exacerbé de la part de ce sacré Richard.
- Le cinquième acte de cette « pièce musicale » commence avec une guitare sèche, une voix (encore et toujours) grave et un bon gros écho de type « cathédrale ». Arrivent ensuite la scie musicale (synthétisée of course) et la basse. Le morceau est dépouillé, mélancolique, efficace.
- Me croirez-vous mais le sixième morceau m'a fait pensé à Jean-Louis Murat : déprimant, soporifique. Et puis, soudain, c'est l'envolée tonifiante à gros renforts de cordes (synthétisées again). Enfin, c'est le retour au minimum syndical. Exit.
- Le trait numéro sept m'a fait penser à Paul Simon. Une fois de plus, tout ce que touche Richard Hawley se transforme en larmes ; les violons (synthétisés) se (re)présentant à nous pour tenter de nous extraire ce qu'il peut encore rester de larmes. Richard est sans pitié.
- Et voici le dernier moment. Introduit dans un style très « boîte à musique », la plage nous fait toucher le fond (si ce n'était pas déjà le cas). Le morceau évolue offrant une guitare plus douce, moins sombre. Une sorte de Mark Knopfler sous Xanax. Ah, Richard, tu es indécrottable !
Bon, je vous laisse, mon psy m'appelle...
Richard Hawley « Truelove's Gutter » - Franck
vendredi 16 octobre 2009
Les ingrédients sont ici ceux du crooner. Une guitare acoustique, une voix grave, une slide guitar et de douces mélodies empruntées à la country. Les envolées, quand il y en a, se font sur du velours. Pas d’explosions mais juste de quoi donner un peu plus d’espace à l’auteur, à sa voix et à sa guitare. On pense à Scott Walker. Les morceaux sont parés pour les clubs de Las Vegas, veste en satin noir, gomina et Ray-Ban à large monture. C’est doux et sucré comme une pomme d’amour. Trop peut-être. Soyeux comme une robe de velours portée par un mannequin de cire. Une musique de salon qui ne fera pas tourner le lait à l’heure du thé, qui ne défrisera pas mammy le dimanche après-midi. Un album au charme désuet. Bel exercice pour ce musicien anglais que d’aller marcher sur les plates-bandes du King et du Rat-pack. Mais encore faut-il rivaliser. Tout est parfaitement orchestré, l’album ne manque pas d’unité mais probablement de classe, d’interprétation et de personnalité dans l’écriture. Le genre d’album dont on tombe sous le charme ou que l’on trouve profondément ennuyeux dès la deuxième écoute.
Pour ma part, je préfère le ranger et continuer à écouter les albums de Spain, de Soulsavers même si mes petits-enfants les trouveront probablement d’une kitscherie extrême.
Un nouveau Zigue pour Zikzik !
jeudi 15 octobre 2009
Les goûts de Denis sont éclectiques, il peut passer du grind core au classique en passant par le jazz et la pop, convaincu que dans tous genres musicaux, il peut y trouver son plaisir.
Souhaitons-lui la bienvenue au sein de Zikzikcoincoin !