N°3 : B.B. King by Erik

samedi 28 juillet 2012

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Numéro 3 du classement des 100 meilleurs guitaristes qui ont marqué l’histoire du rock (et oui, pas de guitaristes de jazz ici…), on retrouve l’inusable BB King, véritable dinosaure des temps modernes. BB voulant dire “Blues Boy”, le natif du Mississippi est l’un des guitaristes les plus connus et un des plus influents dans la catégorie blues. Pas question de power chords ici, c’est du velours en pentatonique blues, un touché remarquable avec un son bien roots (merci Lucille Gibson Clignement d'œil).

Avec plus de 15 titres dans les charts dans les années 50 et 60, le King BB est davantage connu ses dernières années pour sa collaboration avec U2 (“When Love Comes To Town”) et avec Eric Clapton (un album entier : “Riding With the King”). Mais, à l’instar de Mr Clapton, Riley (et oui, c’est son prénom) lui a vécu dans les champs de coton dans le Mississippi en écoutant du Gospel et les chants traditionnels du Delta. Et c’est pour cela qu’il est aujourd’hui considéré comme l’un des piliers du Blues, parce qu’il a fait le pont entre les guitariste traditionnels blues (Comme Robert Johnson par exemple) et le Blues moderne électrique (initié, il est vrai, par T-Bone Walker entre autres…). C’est cette richesse dans l’émotion du blues traditionnel que l’on va retrouver dans son blues électrique avant que les petits blancs ne s’empare de l’héritage pour le plomber d’électricité et de sueur et en faire émerger le rock’n’roll.

Son style ? C’est essentiellement l’usage de la gamme pentatonique majeure. BB King est un maitre en la matière, il sait faire simple, efficace, se repose sur des notes essentielles faisant beaucoup d’efforts pour les faire sonner aux bons moment et leur laisser le temps qu’il faut (Quel guitariste laisse encore autant de soupirs pour faire respirer ses solos ?). Son vibrato main gauche est une véritable école et Clapton et d’autres s’en sont considérablement inspiré. Bref, le King of Blues est le passeur de mémoires du Delta du Sud des Etats-Unis qui a si bien réussi à faire passer l’émotion originelle à son instrument devenant ainsi un véritable morceau d’histoire et restant une influence respecté de tous.

N°2 : Duane Allman by Erik

vendredi 27 juillet 2012

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Woaw, le sudiste Duane Allman deuxième du prestigieux Top 100 des guitaristes du non moins prestigieux Rolling Stones Magazine ! Ca peut surprendre pour un européen mais moins pour un observateur d’outre-Atlantique…

Beaucoup moins connu dans nos contrées, Duane fonde, avec son frère Gregg et Dickey Betts, les Allman Brothers, véritable pilier fondateur du Rock sudiste. Au menu : du blues, un zeste de country voire de jazz, du rock, de la slide, de l’impro, beaucoup d’impro.

L’histoire est connue, alors qu’ils sont signés par un label et qu’ils accompagnent de grandes pointures de l’époque (Aretha Franklin, Percy Sledge, etc…) la maison de disque voit uniquement du talent dans le frère cadet (Gregg). Duane perfectionne alors ce qui sera sa marque de fabrique : une précision diabolique au bottleneck et un sens de l’impro quasi illimité. Pour beaucoup, il est celui qui va apporter le sustain et unir le Rock et le Blues. La preuve : Clapton le repère en pleine tournée et lui demande de rappliquer en pleines sessions de “Layla and Other Assorted Love Songs” (Le meilleur de Clapton ?). Clapton et Allman s’entendent de suite comme larrons en foire, unissant l’électricité de leurs instruments aux nombreux produits illicites de l’époque… Duane apporte même le riff de la mythique chanson “Layla” !

Mais la question est : que fait-il là à la deuxième place du top 100 des meilleurs gratteux juste derrière Hendrix ? Mystère pour moi… Je reconnais au gaillard une précision, un doigté, des compos bien balancées, un jeu déjà bien avant-coureur de la déferlante hard-blues qui allait suivre mais deuxième guitariste de tous les temps derrière Jimi ? Comprends pas… La seule explication (et je pique l’idée à Franckie) reste pour moi que le gars fait partie intégrante de l’histoire de la musique dite américaine, que “The Allman Brothers Band” était plus qu’un vague band, c’était un groupe de Rock qui, pour la première fois parlait avec une intonation Sudiste et représentait l’esprit et les valeurs des jeunes des états du sud des Etats Unis. Un groupe fier de ses racines et Dieu sait que les américains aiment ça…

Greatest guitarists by Rolling Stone magazine

mardi 17 juillet 2012

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Rolling Stone magazine publiait, il y a quelques semaines, son palmarès des cent plus grands guitaristes de tous les temps. Classement hautement subjectif dont on ne discutera ni l’ordre, ni la sélection. Même si Neil Young est relégué honteusement en fin de liste. Il est d’abord question de riffs, de bends, de slide, de Blues, de rock’n roll et d’évoquer certains morceaux d’anthologie que ces gratteux ont laissé à la postérité.

Le pinacle du temple est tenu par Jimi Hendrix. Icône d’une époque, génie proclamé de tous, peut-être un des seuls guitaristes dont les morceaux, après quarante ans, gardent une réelle fraicheur. Un feeling incroyable, un touché de manche qui le rendent reconnaissable entre tous. Ajouté à cela, quelques morceaux à très fortes personnalités (Purple Haze, Little Wing, Foxy Lady) et des prestations scéniques qui ont marqué les esprits. L’indicible est devenu légende. Au-delà de cela, au-delà des « live » que tout le monde connait, ses versions studio témoignent encore de son côté visionnaire par les arrangements, la richesse sonore et le travail d’enregistrement.

En cinquième place, on voit apparaitre Robert Johnson. Aux confins du Blues, aux racines du rock et des premières notes amplifiées, pourquoi ne pas évoquer un Charlie Christian (dont l’influence a plus marqué le jazz) ou un Big Bill Bronzy (dont le Hey Hey a été repris par Clapton) ? Peut-être en effet une question d’influence et de filiation spirituelle. Clapton a immortalisé son Crossroad, tandis que Sweet Home Chicago a traversé la moitié du XXème siècle puisqu’il était encore interprété par Ben Harper au début de sa carrière.

Un Blues qui est aujourd’hui conservé aujourd’hui par les deux gardiens du style : B.B. King et Eric Clapton respectivement troisième et quatrième dans le classement. A plus de quatre-vingt ans, B.B. King, l’ambassadeur et un des derniers survivants, a grandi aux sources du Blues et du Gospel, dans l’état du Mississippi. Il a connu l’électrification du genre, la migration vers le nord de ces musiciens noirs à la recherche de club et de contrats. Il plait par ses qualités de soliste qui lui permettent d’enregistrer rapidement ses premiers tubes. Mais surtout, il bénéficie des bonnes grâces de musiciens blancs à l’orientation plus rock, à une époque où les distinctions raciales étaient encore profondément ancrées.

Un de ces blancs n’est autre qu’ Eric Clapton, ce britannique qui se réapproprie les standards du Blues pour se faire une réputation parmi les jeunes londoniens branchés. Il est aussi l’anglais qui éveilla l’Amérique blanche à ce patrimoine musical qu’elle délaissait jusque-là. Une musique de noirs plus seulement faite pour les noirs. C’est au cœur des années soixante que tout se passe pour Eric Clapton. Avec les Yardbirds et ensuite avec John Mayall pour au final fonder le trio qui finira d’édifier sa réputation de guitariste et de frontman : Cream. Dont les I feel free et Sunshine of your love deviendront des hymnes hippies lors de longues versions où improvisations et psychédélisme étiraient les morceaux sur plus d’une douzaine de minutes.

Autre blanc a fondé son jeu sur le blues du delta du mississippi est Duane Allman. Le second meilleur guitariste du classement est une autre de ces incarnations du mythe de liberté que les années 60 ont enfanté. Sa moustache en fer à cheval est pourtant loin du Flower power californien. Il va lourdement électrifier l’héritage « blues » qu’ont laissé des B.B. King pour poser les bases d’un rock sudiste carré et robuste. Il exploitera les techniques de jeu de ses prédécesseurs noirs comme les bends démesurés sur lesquels il rajoute des variations d’accord et surtout, la technique du slide, du bottleneck. Joué sur les guitares qui feront la noblesse du rock et du hardrock plus tard : la Gibson SG et la Gibson Les Paul. Il mourra jeune et, à l’instar de Jimi Hendrix, traversa l’histoire du rock et de la musique du vingtième siècle comme une espèce d’étoile filante.


Avec ces cinq guitaristes, Rolling Stone magazine tente clairement de légitimer l’héritage américain sur ce que fut la musique de la deuxième moitié du vingtième siècle.

N°1 : Jimi Hendrix by Erik

lundi 16 juillet 2012

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Aaaah Jimi… Plus de 40 ans qu’il nous a quitté et toujours au top des gratteux de l’histoire.
Pourquoi cet engouement autour du natif de Seattle ? Pourquoi influence-t-il encore aujourd’hui bon nombre de gratteurs de mandolines ?
Perso, quand je commence la guitare dans les années 80, Hendrix ne figure pas (ou plus) dans les influences présentes à ce moment-là. Mais il plane (il aurait apprécié Clignement d'œil) autour des influences de l’époque (Young, Iommi, Van Halen et consorts)… Je ne saisis pas alors que tous ceux que j’écoute se sont gavés de chaque notes du chevelu gaucher. En effet, Hendrix, c’est un peu comme un roman fondateur que tu dois lire pour comprendre les écrits contemporains, une sorte de mythe fondateur sur lesquels vont venir s’appuyer pléthore de gratouilleux (Malmsteen, Jon Roth et autres fanas de la Strat). Pourtant, quand je le découvre, je trouve cela horrible, c’est brouillon, le son est mauvais, le gars chante mal, les compos m’apparaissent bâclées. 20 ans plus tard quand je redécouvre le bonhomme, je comprends alors comment il était un météorite pour l’époque.
Remember 1966, le rock devient plus dur avec les Who et autres cogneurs mais il manque l’aspect débridé que nous découvrirons tous plus tard. Hendrix arrive avec son sens de l’impro basé autour des plans blues, mais du blues éclaté, tiraillé par un son totalement neuf. En effet, la particularité du son d’Hendrix réside dans l’exploration de toutes les possibilités que lui offrait l’époque : Fuzz, Wah-Wah, flanger, larsen, etc… Pourtant, tout comme beaucoup de grands guitaristes, sur scène il n’utilise que le minimum. Voici le témoignage du guitariste Harvey Mandel (Canned Heat) :
« Je me revois attendant anxieusement de voir Jimi jouer de près car, pour l’avoir vu en concert, je pensais qu’il devait avoir un truc mystérieux construit dans sa guitare afin d’obtenir tous ces incroyables sons. J’ai vite découvert qu’en fait, il n’utilisait qu’une vieille Strat et des amplis Marshall. Il avait quelques gadgets comme l’UniVibe, la Fuzz Face et la Cry Baby, mais tous ces articles étaient disponibles partout dans le commerce. La magie, à vrai dire, provenait uniquement de ses doigts. » — Harvey Mandel, Hors Série Guitare & Claviers 1990
“Et oui c’est bien à propos du jeu et du son du maître qu’il faut crier au génie” (AlbumRock). Le son ? Les potards sont poussés à bloc, s'ensuit un déluge de larsens et de réverb et cette sensation qu’Hendrix ne joue pas de la musique mais s’incarne véritablement dans ses notes nous offrant ainsi le contenu même de ses délires inconscients…
Magique le gaillard mais surtout perfectionniste (Voir les 43 prises nécessaires pour le thème Gypsy Eyes), curieux (il écoutait tout ce qui se trouvait à portée de ses oreilles…), rigoureux (il enregistrait tout d’où le nombre incroyable d’albums posthumes) et showman. Jimi avait tout pour marquer les années 70. Il a élargi le rock par ses innovations et a marqué le public par ses prestations scéniques (Monterey, Woodstock, Ile de Man, etc…). Comme pour beaucoup d’innovateurs, le public l’a boudé pendant longtemps et il aura fallu une reprise (Hey Joe, la plus connue et une des moins passionnantes ?), tout le soutien de Clapton et Townshend à Londres pour qu’à force de dates, il puisse émerger et se faire connaitre d’un plus large public. 4 ans et 4 albums seulement (trois studio et un Live) de son vivant, c’est peu et c’est suffisant à la fois pour comprendre toute la modernité de l’artiste. De l’album “Are you experienced” qui l’a fait découvrir (qui contient déjà un tas de pépites telles que Foxy lady, Red House, Fire, The wind cries Mary) au chef d’œuvre “Electric Ladyland” (Voodoo Chile !) en passant par “Axis, Bold as love”, Hendrix embrase le rock psychédélique de la fin des années 60 et plus rien de ne ressemblera à ça après son passage…
Magique… Quand on l’écoute aujourd’hui, on est d’emblée frappé par la diversité musicale. Sur “Bold as Love”, il part de l'introspection d'un "Up From The Skies" très jazzy pour ensuite confronter l'auditeur à la dureté de titres comme "Spanish Castle Magic" et continuer son exploration musicale en mariant funk ("You Got Me Floatin'"), jazz, soul et même rock plus traditionnel ("One Rainy Wish")… Et que dire du blues ? Dans son premier album, sa prédilection pour lui et pour l’expérimentation se fera sentir tout au long de la galette, rappelant au passage que son aventure musicale commença en compagnie de Little Richard ou de BB King. L’incroyable "Red House", s'inscrit en fondateur d’une certaine forme de blues qui va inspirer bon nombre de guitaristes (Stevie Ray Vaughan, Popa Chubby, Jeff Healey pour ne citer qu'eux). Alors que les beaucoup plus déstructurés "Third Stone From The Sun" et "Are You Experienced?" sont autant d'orgies hallucinatoires à la limite de la transe dans lesquelles Hendrix innove en passant des parties de bandes à l’envers sur fond de sonorités étranges. La force des albums réside dans l’intensité et dans la contradiction des morceaux, ce qui aura comme effet de botter le cul au monde entier du début des 70’s… Son décès inopiné, ses délires psychédéliques, ses exploits sexuels, son look Gypsy et son statut de musicien black achèveront ce que la musique a commencée en faisant passer Super Jimi au statut d’icône du Rock. Amen.

Les 100 plus grands guitaristes…

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C’est l’été (en tout cas, l’été météorologique Triste) et c’est la période des Best-of…

Excellent prétexte donc pour relancer l’activité de Zikzik que ce “100 Greatest guitarists by RollingStone Music” (http://www.rollingstone.com/music/lists/100-greatest-guitarists-of-all-time-19691231)

Franck et moi-même allons donc partir sur ce top subjectif pour faire le point sur les gratteux qui ont émaillé le monde de la planète Zikzik. A suivre donc…

Zita Swoon “Paint Pictures on a Wedding Dress” & Arid “All Things Come in Waves”

lundi 26 juillet 2010

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Nouveau concept pour Zikzik pendant quelques semaines : le thème est le Rock belge ! Modus operandi :

  • Chaque auteur propose 2 albums d'un groupe belge
  • Il met à la disposition des 4 autres les 2 albums choisis
  • Celui qui choisit les albums les resitue contextuellement en quelques lignes avec les covers et fait sa chronique
  • Les autres chroniquent les 2 albums en même temps en 20 lignes max

Let’s goooooo ! Sourire

wedding

“Paint Pictures on a Wedding Dress” - 1998

Gros coup de coeur pour la découverte (tardive) de cet album dès les premières écoutes…

Mais resituons un peu l’opus, le fondateur, Stef Kamil Carlens est un musicien belge né en 1970 et est connu pour avoir été le bassiste et la seconde voix du groupe dEUS, il est le fondateur du groupe A Beatband, qui sera rebaptisé Moondog Jr. puis Zita Swoon.

Le groupe produit un patchwork musical, mélangeant rock, pop, blues, disco et même avec des influences afro-cubaines, en un ensemble prenant toute sa dimension en live. Après deux premiers albums plutôt blues, dont le très bon I Paint Pictures on a Wedding Dress (chroniqué ici), le groupe s'oriente vers un son plus disco - électro, sur son plus gros succès commercial à ce jour Life = A Sexy Sanctuary (2001). En 2005, nouveau changement de son, A Song About a Girls marque une progression vers un son plus chaud, avec des paroles en anglais et en français écrites par le polyglotte leader du groupe. Cet album contient également un duo avec leur compatriote Axelle Red, afin de leur ouvrir un public plus large. Dès 2006, le groupe tourne avec le concept "a band in a box", un show acoustique où le groupe joue en dessous du public.

En mars 2007, le groupe anversois sort un nouvel album, intitulé Big City. Zita Swoon confirme son empreinte d'authencité acoustique tout en élargissant son univers musical : ska, soul, reggae, funck et chanson française sont à la fête de ce nouvel opus que la critique salue comme l'album joyeux attendu. (Wikipédia)

Si Zita Swoon fait une pause pendant laquelle son leader s’oriente vers d’autres voies d’expression, nul doute que le futur projet "Zita Swoon Orchestra : un projet de musique instrumentale" fera encore parler de lui…

Zita Swoon, C’est l’histoire d’un groupe qui n’en finit pas de se réinventer, qui a constamment fait évoluer sa palette musicale en y ajoutant des notes folk, funk déjantéés, disco, soul, world ou encore chanson française, c’est dans le blues - et les singers-songwriters américains - qu’il plonge ses racines. "Au départ, je voulais créer un groupe de blues. Pas le blues classique : je pensais à des gens qui avaient utilisé le blues pour fouler d’autres chemins, mélanger les styles", raconte Stef Kamil Carlens. "Quelqu’un nous a un jour décrit comme des nomades culturels. J’aime cette image. On ne s’est jamais senti limité ni à un genre, ni à une discipline artistique" exprime le leader du groupe et c’est exactement ce qu’on ressent à l’écoute de cet album…

Bercé d’entrée de jeu par la voix harmonieuse de Carlens, le son s’oriente vers un folk blues-rock quelque part entre un Buckley (auquel ils rendent hommage dans “Song for a dead singer”) et un Neil Young en passant par le Bowie période Ziggy… Ce qui ressort immédiatement ce sont les sons inédits et d’ailleurs le nombre d’instruments joué par Carlens est surprenant (electric & acoustic guitar, rhodes, farfissa, melotron, sampling, …) ! C’est enlevé, ça donne une impression de gaité malgré le blues omniprésent voire parfois jazzy mais toujours surprenant et, avouons-le, parfois biscornu. C’est marrant, j’ai parfois l’impression que Arno n’est pas loin… Je suis perso fan du “My Bond With You And Your Planet Disco”, disco et funkysant à souhait dont la couleur annonce déjà l’orientation de l’album suivant…

Un disque inhabituel, surprenant, attachant.

arid things comes in waves

”All Things Come in Waves” - 2008

Ambiance radicalement différente avec le 3ème album d’Arid, groupe gantois. Finaliste d’un concours qui leur permet de graver un titre sur une compil’, ils sont repérés par une filiale de Sony avant de sortir leur premier album qui va les révéler au grand public : “Little Things of Venom”, gros succès en Belgique mais également sur le territoire américain. En 2002, leur deuxième album “All is quiet now” fonctionne moins bien et ne reçoit qu’un succès d’estime malgré le superbe single “You Are”. Le chanteur, Jasper Steverlinck, s’oriente alors vers une parenthèse solo qui lui réussit plutôt bien avec le succès de son album "Songs for Innocence", un des plus grands succès néerlandophones de l'année. En 2008 sort “All things come in Waves”, l’album de la maturité ?

Fini le folk blues empreint de fantaisie, place à une pop alternative mélodique et lyrique ou la voix de Steverlinck reste le principal ingrédient. Que dire sur ses envolées très “mercuriennes” sur le superbe et lyrique “If You Go” ou encore sur le plus électrique “'In praise of”. Mais en dehors des 3 morceaux phares de l’album (j’ajoute aux deux précédemment cités “Words”), on a le sentiment que le groupe n’est plus aussi inspiré que sur le premier album, qu’il s’appuye trop sur la voix (exceptionnelle) de Jasper. On a un goût de trop peu, c’est clair et on aurait aimé un peu plus de travail au niveau de la finition des morceaux et sur la construction musicale trop simpliste (pour faire de la place au chant ?). Certains sons sont dépassés et les tempos sont uniformes…

Bref, fan absolu de la voix du monsieur, je reste déçu (et je le serai encore davantage par le dernier opus), je ne peux que constater qu’un environnement acoustique tout en nuance siérait mieux à la voix et que les instrumentistes ne lui servent que de support. L’inspiration n’est pas toujours au rendez-vous, alors, Arid groupe d’un seul album ?

L’avis de Franck (18/08) :

Arid

Arid, voilà bien un groupe qui me laisse bien sec. Je sais c’est facile mais tellement vrai. Deux concerts à 10 ans d’écart ont confirmé ce sentiment. Non pas que le groupe soit mauvais. Ils ont tout pour faire une belle carrière internationale et ce dès leurs débuts. La voix de Jasper Steverlinck est la pierre angulaire du projet. Haute, maîtrisée au service d’un pop-rock passe-partout. Il n’y a pas de raison que cela ne marche pas. Après tout Jeff Buckley n’a pas fait mieux ! Si une reprise qui accroche. A trop surfer sur les cendres du songwriter, à tant vouloir renier son identité belge, le groupe peine à se créer un nom. 2008, 10 ans après les débuts, sort « all things come in waves » plus de lyrisme toujours moins d’inspiration (on est plus très loin d’un Queen période The Miracle), un pas de plus dans leur traversée du désert.

Zita Swoon

Dans le paysage musical belge, Zita Swoon est probablement un des groupes les plus passionnants de ces dix dernières années. Stef Kamil Carlens et son acolyte Tom Pintens ont fait de Zita Swoon un kaléidoscope musical passant du rock au funk, du disco à la chanson populaire. Porté par le titre « My bond with you and your planet : Disco !  » l’album fut le premier grand success du groupe. Pourtant avec le recul on se dit que Zita Swoon était encore bien loin de dévoiler toute la carrure musicale que le groupe aura plus tard. Personnellement je garde une préférence pour l’album « A band in a box ». Mais avec Zita Swoon ce n’est pas une question de qualité, c’est une question de goût.

L’avis de Seb (23/09) :

Critiquer des albums de rock belge… quelle idée ! Si cette idée, entre autres un aspect ludique permet de faire connaitre des perles rares qui hantent ma médiathèque et en découvrir de retour, cela devient une excellente idée.

Pour cette première critique, choix du sort, ce sont deux albums très différents, très distants tant en temps qu’en influence qui ont étés choisis par Eric.

Connaissant depuis sa sortie en 98 l’album des Zita Swoon, l’ayant fait tourner des heures durant à l’époque dans ma platine, je me suis dit qu’il serait plus intéressant de commencer par l’autre album sélectionné, qui pour moi était inconnus.

Arid - All Things Come in Waves

En fait « inconnus », cet album ne peut l’être tant le matraquage médiatique autour du groupe et des certains singles à été intense. (sur des titres comme « Words » ou « Why do you run » entre autres).

Adepte du « point de tension mélodique», cher à d’autres groupes belges dont dEUS, et qui propose une augmentation d’énergie sans changer de tempo ni d’harmonie, en modulant simplement autour du thème (« Right this time »), Arid sait au mieux tirer parti du peu de variété des harmonies en cassant ses rythmes métronomiques par des moments plus sirupeux (comme dans le passage mélo(dique) de « I hear voices »).

Cet album bien que très mièvre, et manquant de relief, propose

Arid c’est !

Arid c’est comme Queen sans Freddy, comme du Muse sans basses plombée et guitare dégoulinantes, comme un groupe de brit-pop sans les tabloïds qui vont avec, …

Arid ce n’est pas !

Un groupe de rock belge, … en tout cas ca n’en a pas le gout, l’odeur, la forme et la consistance.

Malgré tout souhaitons leur bonne chance pour leur nouvel album sorti ce début mars et dont nous ne manquerons surement pas d’entendre encore certains de ses fruits sur les ondes dans les mois qui viennent.

Zita Swoon

Dès son départ de dEUS, il était écrit que Stef kamil carlens, devenu guitariste chanteur, ne sortirai pas des spotlight. Et quand Everyday I Wear a Greasy Black Feather on my Hat (premier vrai album d’après dEUS débarque en 95, c’est la claque.

Je me rappelle pour les avoir vu, à cette époque dans un obscure salle de Liège, combien la richesse des instrumentations de Tom Pintens et la voix de paon en rut de Stef pouvait se faire dresser la pilosité des plus aguerris à la vague pop/rock flamande.

I Paint Pictures on a Wedding Dressest avec A Song About A Girls , a mon avis le meilleur de ce que Zita Swoon peut faire. Amener un coté intimiste et jazzy dans des mélodies et des rythmes tantôt blues, tantôt afro-cubain, tantôt rock, mais toujours « traditionnellement flamand ».

Dans cet album « coup de cœur » deux titres me sont encore plus cher « Our daily reminders » qui en live au Pukkelpop 99 m’a tiré des larmes (et je suis pas « bon public »)… et « One perfetct Day » … qui rappelle combien Stef a manqué par la suite à dEUS en terme de voix et d’harmonie.

Bar Kokhba “Lucifer. The Book of Angels vol. 10” – Denis

mardi 23 février 2010

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Et bien voila un disque sur lequel je ne voulais pas poser une critique… Comment aborder un album de Zorn ? un Zorn sans Zorn ! Un Zorn avec son habituel rendez vous de guest star ! Un Zorn sans prise de risque ! Mais bon je me lance, faut l’accoucher celle-là, et au forceps svp…

Entouré ici du sextet Bar Kokhba, Joey Baron , Marc Ribot, Cyro Baptista, Greg Cohen, Erik Friedlander, Mark Feldman, et oui rien que ça, il a de chouettes amis notre John Zorn , c’est la grosse artillerie , on sait que l’on va avoir de la virtuosité, du talent, et qu’ils vont même se permettre le luxe de s’amuser.

Je l’avais complètement zappé cet album, probablement par lassitude des productions zorniennes, ou juste pas envie de yidicheries pour le moment, alors je l’écoute, le réécoute …. Et je n’arrive pas à me sortir de l’esprit, que je n’y retrouve rien de nouveau et que ça m’ennuie franchement, les thèmes sont connus, le tout est homogène et joué avec beaucoup de fun, mais tout ça on l’a déjà entendu.

C’est peut être une bonne première approche de l’univers de Zorn, un album tout terrain qui plaira en toutes circonstances, mais moi j’ai envie qu’il me surprenne, me transporte vers autre chose, et là c’est plus du surplace mais de la fixation dans le béton armé.

Du coup je n’arrive pas à sortir quelque chose de positif de cet album… et pourtant on peut vraiment dire que je suis un fan du gaillard.
Bon sur ce, je vais me réécouter un peu de "Naked City" et de "Painkiller" !!!

Bar Kokhba “Lucifer. The Book of Angels vol. 10” – Franck

mercredi 3 février 2010

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John Zorn saxophoniste, John Zorn compositeur, John Zorn producteur et directeur de maison de disques (Tzadik), l’homme a bien des facettes. Des métiers qu’il accomplit avec beaucoup de maîtrise. Trop pour certains. Le propos n’est pas ici de juger l’homme d’affaires mais l’une de ses innombrables productions. On lui dénombre plus d’une centaine d’albums et ce, sans compter les collaborations. S'y retrouver dans sa production et, à fortiori, dans le gargantuesque catalogue "Tzadik" est un vrai jeu de pistes et de détours.

Issu de l’avant-garde new-yorkaise de la fin des années 70's John Zorn finira par rencontrer le succès en 1985 grâce aux reprises de musiques de film ; notamment celles d’Ennio Morricone. Suivront ensuite les formations "Naked City" et "Painkillers". Epoque où je fais sa découverte. Quelle claque je me prends! Une musique forte, hétéroclite faite de free jazz, de musique de film, de mathcore, d’improvisation, de dub, d’ambient, de musique contemporaine… Zorn : c’est traverser ces univers musicaux à mach 2.

Le « Bar Kokhba – Lucifer Book of Angels Vol. 10 » est loin de ce coup de poing dans la gueule que je m’étais pris à l’époque… Et pourtant…

Le projet Bar Kokhba est né en 1996 avec un double album assez austère, baigné des traditions juives comme souvent dans le travail de Zorn. Mais la formation qui est sous les feux des projecteurs, à cette époque, est son quatuor Masada. Trompette, batterie, contrebasse et saxophone construisent un des jazz les plus passionnants depuis le New Thing et les grandes années de "Blue Note". Coloré comme de la musique Kletzmer et avant-gardiste comme un jazz new-yorkais peut l’être. Mais Zorn n’est pas du genre à mettre tous ses œufs dans le même panier. Il compose et mène de front d’autres projets dont ses fameuses musiques de films (Filmworks). Il prête son saxophone et monte des formations le temps d’un ou deux albums. L’homme a bien des facettes dis-je ! Outre l’écriture et l’instrument, il faut lui accorder deux autres talents: Celui de producteur ; il dirige le label Tzadik d’une main de fer et celui de s’entourer. A ses côtés on retrouve des musiciens d’un niveau et d’une intelligence musicale hors du commun. En les produisant, en collaborant avec eux, en les engageant dans ses propres projets, il s’est créé une vraie famille. Des musiciens qui jouent ensemble à longueur d’année, qui s’approprient les morceaux, qui improvisent et qui font de cette manière évoluer sa musique. Un modus operandi pas si éloigné des traditions manouche, rom et… juive forcément.

Au quatuor Masada va succéder le Masada Electrique, début de ce siècle. Une réinterprétation des morceaux de la formation. Cyro Baptista complète les percussions. Marc Ribot ajoute une grande part de guitare électrique. Joey Baron, qui tient la batterie, va, un temps, céder sa place mais nous le retrouverons sur ce "Bar Kokhba". Idem pour Greg Cohen à la contrebasse. Lui-même faisait partie du "Masada String Trio" avec Erik Friedlander et Mark Feldman et, tous trois figurent à nouveau dans la formation "Bar Kokhba". L’album sort en 2008. Cela fait donc 10 voire 15 ans que ces musiciens jouent, ensemble, le même répertoire. Zorn est, ici, à l’écriture et à la production. Pas une note de saxophone n’apparaît sur le disque. Un album qui est le résultat de douze années d’un travail d’artisans, de polissage, de ciselage et de finition. Un jazz de chambre où Zorn a écrit tous les morceaux mais où il a aussi créé l’alchimie entre les musiciens. La musique y est vivante, brillante. Au trio de cordes détenteur de traditions, d’une forme de classicisme répond la guitare électrique. Pas de distorsion, pas de larsens, un son clair et brillant éclairant en contrepoint le jeu du violon et du violoncelle. Les percussions apportent, elles, les couleurs de l’Orient.

Un disque à la croisée des chemins empruntés par Zorn. On retrouve Marc Ribot et Cyro Baptista comme dans le Masada Electrique. Les cordes s’inscrivent clairement dans la tradition Kletzmer mais avec une écriture qui s’est finement assurée au fil des compositions. On va reconnaître cette plume, cette orientation, dans les Filmworks depuis le 10e Opus jusqu’au plus récent. Soit treize albums plus tard. Un disque à la croisée des chemins auquel il ne manque que deux choses pour comprendre l’homme : son saxophone et la liberté dégagée par ses précédentes formations.

L’aventure sonore, l’improvisation, l’inattendu, points communs d’un "Naked City" et d’un Electrique Masada, à 20 ans d’écart, ne sont pratiquement pas présents ici. Cela a pourtant existé pour en arriver là car c’est dans le jeu et l’écriture des musiciens. La décision a été prise de vernir tout cela pour cet album et non de galvaniser.

Pour ceux qui ne sont pas encore contaminés par le jazz et la musique du monde, ce disque est une belle porte d’entrée. Pour ceux qui, séduits, voudraient poursuivre en douceur, les derniers filmworks de Zorn sont souvent de belles promenades musicales. Pour ceux enfin qui veulent se lancer dans l’aventure sonore, dans un jazz où sont contés les grands épisodes historiques, héroïques et épiques de la tradition hébraïque, il faut se plonger dans l’écoute de Masada.

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